A MON AMI GASTON BOI88IER
Poussières de soleil, éternelle semence
D'où germent dans l'azur les mondes inconnus :
Astres étincelants, lancés et retenus
Dans l'orbe où votre cours s'achève et recommence ;
Océans lumineux, faits pour mettre en démence Ces atomes d'un jour, créés faibles et nus ; Étoiles dont les feux ne nous sont parvenus Qu'après des milliers d'ans, du fond du ciel immense :
On croirait que l'esprit, devant votre splendeur, Epuise ce qu'il peut concevoir de grandeur !
Mais il est un spectacle, à mes yeux, plus auguste
Que ce fourmillement de mondes découverts :
C'est, dans le dernier coin perdu de l'univers, Debout sur quelque globe infime, un homme juste.