‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 71 sur 167 · A MON AMI GASTON BOI88IER · texte numérisé non relu

A MON AMI GASTON BOI88IER

Poussières de soleil, éternelle semence

D'où germent dans l'azur les mondes inconnus :

Astres étincelants, lancés et retenus

Dans l'orbe où votre cours s'achève et recommence ;

Océans lumineux, faits pour mettre en démence Ces atomes d'un jour, créés faibles et nus ; Étoiles dont les feux ne nous sont parvenus Qu'après des milliers d'ans, du fond du ciel immense :

On croirait que l'esprit, devant votre splendeur, Epuise ce qu'il peut concevoir de grandeur !

Mais il est un spectacle, à mes yeux, plus auguste

Que ce fourmillement de mondes découverts :

C'est, dans le dernier coin perdu de l'univers, Debout sur quelque globe infime, un homme juste.

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