PRIERE DU SOI H
Nous leur devons, hélas! plus graves et moins sages, Des heures de gaîtë qui ne reviendront pas.
L'ambition a pris la place ^
De ce calme et trop court loisir ; Ma faiblesse lutte et se lasse Sur des biens qu'elle veut saisir.
Que d'obstacles dans cette route !
Que d'instants où la vertu doute, Où la main tremble, où le cœur bat!
Que (^e rivaux! quelle mêlée, Où mon espérance ébranlée Est prête à quitter le combat!
Âh ! la vie est pénible, et l'issue incertaine ! Que de maux à guérir en nous et dans autrui!... Mais je m'égare encore, et mon rêve m'entraîne. Et ton nom. Dieu clément, de mes lèvres a fui.
Prions ! — Mais où sont les paroles Qui berçaient ma simplicité !
Que voulez-vous, soucis frivoles.
Sous qui cède ma volonté ?
Je glisse d'idée en idée :
Chacune à ma vue obsédée
OfTrc un importun souvenir, Et fait passer sa vaine image>.
Devant le Dieu que mon hommage Voulait adorer et bénir.
Légers spectres d'amour, souvenirs de jeunesse, Projets ambitieux qui troublez ma raison, Regrets, doutes, cessez d'accabler ma faiblesse l Ah! que l'âme a de peine à quitter sa prison!
Pardonne, ô Dieu, si ma prière S'attarde en aspirant vers toi !
Je veux briser toute barrière, Mais mon effort trahit ma foi.
Au moment même où je t'implore, Une autre image vient encore Obscurcir la tienne à mes yeux :
Et mon infirmité passée Enchaîne ici-bas ma pensée, Quand je crois atteindre les cieux.