A MON AMI PAUL JAMET
L'œil éteint, l'air hëbétë, Mciiiiçiint des bras l'espace, Près du mur l'ivrogne passe Dans son imbécillité.
Kpave inerte et brutale, Son corps trébuche et s'étale Dans les fanges du chemin; Le sang ruisselle à sa joue, l']t s'v mêle avec la boue.
Son seul lit jusqu'à demain!
l'aME immortelle. 237
Mais, hélas! où donc est-elle,
— Car j'y crois! — l'âme immortelle?
La nuit vient : le vice impur, Peint de blancv fardé de rouge, Se glisse hors de son bouge Et marche au passant obscur; Pareil à la bête immonde, Il ne sait plus rien du monde Que ce commerce infernal.
Où lé corps — supplice infâme ! — Ne fait rien passer de l'âme Dans l'embrassement vénal !
Mais alors se voile-t-elle,
— Car j'y crois! — l'âme immortelle?
Allons, forçat vieux et laid.
Rampe, et fais sonner ta chaîne!
Sur ton cœur pèse une haine Plus lourde que ton boulet!
Va ! La honte est ta compagne !
Le crime et trente ans de bagne
Ont creuse, sans un remord, Sur ton effroyable face Des sillons que rien n'efface.
Sinon le doigt de la mort!
Mais où donc se cache-t-elle,
— Car j'y crois! — l'âme immortelle?
Dans le coin d'un cabanon, Secouant sa camisole.
Le fou hagard qu'on isole Hurle avec des cris sans nom!
De l'homme en lui rien ne reste; Terrible est l'œil et le geste ; Moins hideux est l'animal!
Sa bouche bave et veut mordre, Et l'on voit ses flancs se tordre Sous l'étreinte du haut-mal!
Hélas ! hélas ! que dit-elle
Dans ce corps, — l'âme immortelle?
Et toi, les jours et les mois.
Vieille idiote accroupie,