DRAC EU
Je viens d'achever une petite pièce de vers que je te destine (1), et je me hâte de t’écrire, car je suis déjà coupable d’un trop long silence à ton égard. Crois, mon cher ami, qu’il m'en a coûté de le garder si longtemps. Mais je voulais t’envoyer des vers, et j'ai été tous les jours détournée par des visites que nous avons eues, et quelques courses que j'ai été obligée de faire. Ce n’est aussi que bien tard que j'ai reçu ta dernière lettre (2) et tes vers. Mais combien j'ai été dédommagée ! Rien ne m'a jamais fait plus de plaisir. J'ai lu et relu ta lettre; et tes vers, je les sais par cœur. Il ÿ a d'excellents morceaux dans les deux pièces, mais je donne la préférence à l’Exilé (3), peutêtre (4) parce que ces vers m'ont fait pleurer. Du reste, je ne décide rien, mais je te félicite sur cet heureux essai. J'espère que tu n’en demeureras pas là; nous y perdrions trop l’un et l’autre. C’est vraiment une des plus douces jouissances que tu puisses me procurer que de me faire lire tes productions. Il me tarde infiniment de recevoir l’Epitre (5) que tu m'as annoncée. Envoie-la telle qu'elle est; il y aura toujours assez de quoi m'être agréable; tu la corrigeras plus tard. J’ai le projet d'envoyer quelque chose aux Jeux Floraux; si tu le veux, j'y joindrai tes deux pièces. Bien certainement, elles auront autant de mérite que les miennes, et je ne crois pas même en avoir aucune qui les vaille. Que ces vers sont touchants ! Le temps
Lettre 8. — 21 décembre 1828. — Autographe inédit. La lettre porte le n°2,
ainsi que les cachets de la poste du 23 déc. 1828 et du 27 décembre 1828, avec l'indication : P. 77. P. Gaillac.
(1) L’Absence. Celte pièce était une réplique au Souvenir de la Patrie, de Maurice.
(2) Celle du 5 novembre, retardée involontairement par Raynaud.
(3) Cette poésie, présentée aux Jeux Floraux «de 1829, porte comme litre Le souvenir de la patrie. La seconde est intitulée : La veuve du matelot.
(4) Première rédaction : apparemment.
(5) L'Epitre, dont il est ici question et que Maurice n'’envoya pas parce qu'il la jugeait trop imparfaite, doit être la poésie intitulée : Aux poésies de ma sœur que M. Lefranc à publiée, du moins en partie (Maurice de Guérin d'après des documents inédits, p. 53). Ce fut seulement en mai 1830 que ces vers, inachevés et surchargés de ratures, furent adressés au Cayla.
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sur son aile légère, elc., et ceux-ci : C’est sous votre abri que ma mère, elc. J'aime beaucoup surtout la fin de la pièce. Ce souvenir de la chevalerie la termine d’une manière distinguée.
Pour moi, je n'ai pas loujours su si bien traiter mes sujets; j'ai mis à contribution Pan, Flore, et autres divinités aujourd'hui passées de mode, comme me l’a dit mon cousin. Mais je n’y reviendrai pas. Il me tarde de savoir ce qu'il pense de ma nouvelle pièce, jé veux dire le Village (6). Je lui avais parlé au Cayla d’un petit poème sur Geneviève, patronne de Paris. Je ne l'ai pas encore commencé Ce I me faudrait, avant, lire quelque histoire de ces temps-là, et je n'ai pas pu m'en procurer. C’est une misère pour avoir des livres, et c'est Comme par miracle que quelqu'un me tombe sous la main.
Tu veux que je te rende compte de mes lectures; je le veux bien, mais j'ai peu lu, comme je te l'ai dit, et surtout peu retenu. « Causons, dis-tu, littérature, histoire. » Que veux-tu que je te dise là-dessus que Lu ne saches mieux que moi ? Je lis maintenant le Voyage d’Anacharsis en Grèce. C’est un fort bel ouvrage et que les circonstances rendent encore plus intéressant. C'est aux jours les plus beaux de la Grèce. Pindare, Sapho, Platon, Démosthène paraissent tour à tour, et à chaque page on s'écrie
O Grèce, qu as-tu fait de ton antique gloire (8) ?
Entre les romans de Walter Scott dont Lu me parles, je connais le Monastère (9) et quelques autres qui me font bien regretter de ne pas en connaître davantage. Quel auteur charmant ! Quelle manière originale d'écrire l’histoire ! Tout le monde la saurait si on l’écrivait ainsi. Comme le disait lord Byron, c'est une bibliothèque vivante que Walter Scott.
Je te remercie infiniment, mon bon ami, de l'offre que tu me fais de m'envoyer les livres que tu as. Je ne veux pas t'en priver. Tu me les apporteras l'an prochain. J'ai Lamartine en entier, et même double avec les Méditations que tu m'as envoyées. Je n'ai pas Racine en entier; mais je le connais cependant, Nous avons à Vieux un bon curé (10) qui a une assez belle bibliothèque, toute à notre service.
(6) Le sujet de Mon village avait été suggéré par Raynaud à Eugénie pendant les vacances de 1828. C'est une description amusante et pittoresque d’Andillac et de la vie qu'on y mène. En conseillant ce sujet, Raynaud espérait que son élève réussirait mieux dans le genre familier et descriptif que dans le genre allégorique. 11 se trompait. Le morceau fut manqué et Raynaud regretta d'en avoir indiqué le sujel. « La poésie descriptive, écrivit-il, est devenue extrèmement difficile, elle ne supporie pas la médiocrité. »
(7) Le projet n'eut guëre de suite, Eugénie écrivit seulement quelques vers sur sainte Geneviève.
(8) Première rédaction : de ces beaux jours de gloire... L'exclamation est empruntée à la poésie d'Eugénie : Le sort de la Grèce.
(9) Roman paru en 1820, un des meilleurs ouvrages de Walter Scott, L'auteur y décrit la vie troublée de l'Ecosse pendant la minorité de Marie Stuart, au moment où le protestantisme gagne de nombreux partisans. d
(10) L'abbé Manavit, curé de Vieux. Il fut intérimaire d'Andillac depuis Île mois d'août 1828 jusqu'au 13 juin 1829.
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Il m'a prêté Racine, Delille et quelques autres. Pour Corneille, je ne le connais pas du tout; j'en ai seulement vu quelques morceaux dans le Cours de littérature de Laharpe. Ce dernier ouvrage m'a beaucoup servi à connaître les auteurs, du moins en abrégé. Ce qui m'a beaucoup plu, c'est l’article de Racine et celui de La Fontaine. J'aime ce mot sur ce dernier : « Dieu dit à Adam le nomenclateur : nomme, et à La Fontaine le conteur : conte. » Son jugement sur Voltaire n’est pas, ce me semble, aussi juste; ou plutôt ce n’est pas un jugement, c’est presque un panégyrique d’un bout à l’autre. J'aime beaucoup la lecture, trop même pour le temps que j'y puis donner; mais, pour qu'elle soit profitable, il faut en causer avec des personnes instruites. Où les trouver ici ?... (11)... d’autres choses. Mais Laissons dire les sots, le savoir a son prix (x2).
C’est ce qu'on peut opposer dans toutes les positions de la vie aux détracteurs de l'instruction chez les femmes. Tu n’es pas de ce nombre, puisque tu veux même, dis-tu, m'initier dans les langues anciennes, Oh ! je n’en veux pas tant, et puis, le moyen de percer là-dedans ! Mais nous en causerons toujours et j'en attraperai ce que je pourrai. Je désespère cependant de pouvoir jamais entendre Horace, Virgile, Non, jamais je ne parlerai une langue qui coûte dix ans d’étude. Du reste, la langue que parlaient Racine et Fénelon peut bien me suffire. L'étude ne doit être pour moi qu'un délassement; si j y donnais trop de temps, elle se changeraït en travail et ce ne serait plus un plaisir. Assez causé là-dessus, parlons d’autres choses.
Paul Raynaud nous est venu voir et à passé une sefnaine avec nous. Il à fait l'admiration de tout le pays. On disait en le voyant passer : «Jès, qun bel homé ! dé qun pais déou essé ? (13) » On peut dire que le bon est chez lui camarade du beau (14). C’est un excellent garçon qui a bien confirmé tout ce que tu nous avais dit de lui. Il devait être porteur d’une paire de dindes à son retour à Paris; mais, comme il nous à écrit qu'il attendait une prolongation, dans l'incertitude, nous n’avons pas préparé les dindes, et nous envoyons seulement un pâté de foie de canard, que nous enverrons toujours par la poste si Paul ne part pas. Je serais désolée qu'après lui avoir annoncé une paire de dindes mon cousin n’eût rien reçu. Nous les enverrons plus tard. Je ne lui écris pas d'aujourd'hui. Tu voudras bien lui faire mes amitiés. Montre-lui les vers que je L’en-
(11) Suivent deux lignes et demie furieusement raturées.
(12) La Fonrame, L'avantage de la science, Livre VIII, fable 19 : « Laissez dire les sots... »
(13) « Oh ! quel bel homme ! De quel pays doit-il être ? » Paul Raynaud, frère d’Auguste, était d’une haute taille et d’une forte carrure. ;
(14) La Fonrane. Le mal marié, Livre VII, fable 2 : « Que le bon soit chez lui camarade du beau ! »
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voie, et dis-moi ensuite son sentiment, Je voudrais que ce que j'ai fait pour toi fût le meilleur de mes ouvrages, Il m'a fort engagée à entrelenir avec toi une correspondance épistolaire et poétique (15). J'espère que tu seras en cela d'accord avec lui et moi, Rien ne me peut être plus agréable et plus profitable que ce commerce. Je te promets d’être exacte à te répondre. Je ne te dis rien de la part de papa el de Mimi, parce que je crois qu’ils L’écrivent tous deux. Erembert est presque guéri de ses accès de fièvre. Enfin nous allons tous bien. Adieu, mon cher ami; porte-toi bien aussi, et aime-moi toujours comme je t'aime.
EUGÉNIE
Si Paul ne part pas encore et que papa ait vendu son vin, nous t’enverrons au mois de janvier des chemises ét des cravates. Je compte que tu m'auras écrit d'ici [à. Papa a été enchanté de tes dernières lettres, C'est comme ça qu'il faut écrire : dire beaucoup de choses et remplir loujours ton papier. Je te remercie de toutes les jolies choses que tu me dis au sujet des grenades que je t'ai envoyées (16). Ah ! mon cher Maurice, que ne puis-je t’envoyer tout ce que j'ai de bon ! Adieu encore. Je voudrais avoir des bras assez longs pour pouvoir t’embrasser partout où tu es.
3 février 1829.
Je dois aller sous peu de jours à Gaillac pour être marraine d’un enfant de M"° de Bellerive (1). Comme je n'aurai pas alors trop de
(15) Extrait d’une lettre d’A. Raynaud à Eugénie, du 20 nov. 1828. « Je ne veux pas retarder plus longtemps le plaisir que vous aurez, j'en suis sûr, à voir les essais de Maurice dans un genre nouveau pour lui. Voilà deux petites pièces où il y a d’excellentes choses. J'espère que vous regarderez ceci comme une provocation, et que vous répondrez sur le même ton, Ce commerce épistolaire et poétique ne peut que vous être extrèmement profitable à tous deux. Je vois avec plaisir que Maurice entre dans la bonne voie, je veux dire qu'il traite la poésie de sentiment. Il n’y a guère que celle-là qui puisse réussir actuellement, I] faut pourtant excepter les sujets légers, où la poésie descriptive fait toujours plaisir. Du reste, point d’Apollon, point de nymphes, et autres vieilleries qui ont été bonnes dans leur temps, mais qui me font plus aucun plaisir parce qu'elles sentent trop l’imitation. Je vous exhorte beaucoup à prendre votre part de ces observations. Je suis sûr que vous réussirez dans la poésie de sentiment. »
(16) Voir le début de la lettre de Maurice du 2 novembre 1828. Cf. Lerranc. Maurice de Guérin, p. 42.
Lettre 9. — 3 février 1829. — Autographe. Lettre publiée incomplètement par la Quinzaine, 1895, II, pp. 257-263. Elle se trouve dans un manuscrit de Trebutien conservé à Saint-Sauveur-le-Vicomte.
(1) Eugène de Bellerive, né le 20 février 1829, baptisé le 22 à Saint-Michel de
22 3 février 1829 temps pour voir mes cousines ou pour les visites que j'aurai à faire, j'ai voulu, mon cher Maurice, L’écrire avant mon départ du Cayla. Rien ne me fait jamais plus de plaisir que tes lettres. Ces deux dernières surtout m'ont vraiment attendrie (2). * Elles partent du cœur. Oh ! comme papa en a été enchanté !
* [Je dois te prévenir d’une chose très essentielle. Ton avant- * dernière lettre a failli tomber entre les mains d'Erembert. C'eut été véritablement un malheur. Souviens-toi bien de nous écrire * par Cordes (3) quand tu parleras de ces arrangements de famille. * Tu devines assez qu'Erembert ne les apprendrait pas sans une erande jalousie. Le pauvre jeune homme est si fort aveuglé sur son compte qu'il lui est impossible de reconnaître ses torts. Je le plains !...] Mais [éloignons ces tristes pensées. ] *
Parlons du plaisir que nous aurons de nous trouver réunis (4). Alors nous parlerons à notre aise de nos projets (5), enfin de tout ce qui nous touche. La plume exprime mal les sentiments du cœur. Ce n’est que par la présence l’un de l’autre que nous les verrons à découvert. :
Cependant tu crois, dis-tu, avoir deviné mon âme, et la retrouver dans la peinture sublime que Platon à faite de l’homme. Es-tu fou de me faire une telle application (6)? Il faut que je t’adresse, en passant, un petit reproche. Tu me prodigues toujours de l’encens à pleines mains; ce n'est pas bien de la part d’un ami; ceci me vient au sujet de mes poésies. Dis-moi plutôt, je t'en prie, mes vérités. Dans la bouche d’un ami la vérité est préférable aux éloges. Moi, je te la dirai toujours, et je vais te le prouver tout à l’heure.
Tu me demandes de te faire connaître de quel œil je regarde le monde et la vie. Je t’avouerai que j'ai là-dessus des idées un peu différentes des tiennes, Tu me parles toujours de la vie avec chagrin et amertume. Pourquoi cela, mon ami ? Moi, qui suis un peu plus avancée que toi dans la carrière, je n'ai pas à me plaindre de mon existence. Je trouve le bonheur (sans mentir) au Cayla; et je crois qu'on peut le trouver partout. Mais, pour cela, il faut établir le bonheur sur une base solide. Non, mon cher Maurice, ce n’est pas dans le murmure des vents, dans une vague rêverie, qu’on le peut trouver. Ceci n'est qu'une jouissance d’un moment, un bonheur
Gaillac. 11 devint prêtre et mourut aumônier des Carmélites de Montauban en ETS
(2) Celles du 6 et 7 janvier 1829, la première adressée à son père, la seconde à Eugénie.
(3) EL non par Gaillac, où habitait Erembert, comme vérificateur des poids el mesures.
(4) Aux vacances suivantes.
(8) Le projet de Maurice était de revenir au Cayla et de prendre la direction du domaine. On comprend combien cette perspective de retrouver son frère pour toujours devait sourire à Eugénie, el cependant, par un sentiment qui l’honore, elle donna à Maurice le conseil de renoncer à ce projet,
(6) Voir la leitre de Maurice du 7 janvier 1829. Elle à é6t6 publiée par Trebutien, pp. 138-142.
3 février 1829 : DS
poétique si tu veux; mais qu'il est loin d’un bonheur réel ! C’est cependant, si je l'ai deviné, cette vague félicité que tu cherches. Comme toi, j'ai donné dans cette illusion (je n'ai rien de caché pour toi), je ne soupirais à quinze ans qu'après la solitude: je trouvais presque le Cayla trop peuplé. J'avais même jeté sur cela le plan d'un ouvrage où je me figurais une jeune personne qui s'élait retirée volontairement dans un désert. Quel rêve !
D'après tout ceci, tu vas penser que j'aime le monde. Je le connais trop peu pour l'aimer ou pour le haïr: il m'est donc indifférent. Du reste, sous quelque point de vue que je l’envisage, qu’en résultera-t-il à mon égard, puisque je ne dois jamais vivre dans le monde (7) ? Il n’en serait pas de même pour toi. Tu dois avoir des rapports étroits avec la société. C’est à, du moins, le but de l’éducation que tu as reçue. Suivant les goûts qu'on y apporte, on y trouve son bien-être ou son malheur; et, pour cela, on doit également éviter l’excès de la dissipation, et cette insouciance qui énerve l'âme et la rend comme indifférente à tout ce qui s’agite autour d'elle, sans lui procurer cependant le repos qu'elle cherche.
Pardonne-moi ces réflexions, nion cher Maurice, qui me sont suggérées par la crainte que j'ai que tu ne te plonges trop souvent dans la rêverie, dans un monde idéal, tandis que tu t’occupes trop peu de celui où tu te trouves. N'est-ce pas que tu voudrais être loin; bien loin de tout bruit, libre de toutes les peines de la vie et n'avoir enfin, comme autrefois les Israëlites, qu’à ramasser la manne dans le désert ? S'il en était ainsi, je Le dirais que je te crois dans l'erreur; qu'il est une louable ambition, celle qui tend à nous procurer une existence honorable. |
Pour moi, je voudrais devenir riche pour pouvoir faire du bien à tous mes amis, Enfin, que le bonheur, j'en reviens toujours là, étant tout action, tout énergie, il ne se peut trouver que dans une âme dont tous les mouvements, dirigés par la raison el la vertu, sont uniquement consacrés à lutilité publique, c'est-à-dire à l’accomplissement de nos devoirs envers Dieu, nos parents et notre patrie (8).
Tu m'avais demandé des réflexions; en voilà que je L’écris au courant de la plume et qui m'amènent à le parler du projet que tu as de venir pour toujours partager notre solitude. Je n'ai pas besoin de te dire que ce sera avec la plus grande franchise. Jai promis de te dire la vérité; je Le la dirai, quoiqu'il m'en coûte...
Hélas! la vérilé bien souvent est cruelle !
(7) Depuis Jongtemps, Eugénie avait pris la résolution de ne pas se marier el de passer sa vie au Cayla. He 2H LR
(8) On saisit sur le fait, dans celte lettre, Paction bienfaisante d'Eugénie sur son frère. Avec quelle délicatesse ne lui trace-t-ælle pas son devoir ! et ne lui communique-t-elle pas la volonté de son père ! C’est une semeuse d'énergie, de courage et d’action.