VUE SUR LES MONTAGNES
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10 juin 1836 83
prêtres, mais tous n’ont pas le don de direction. Notre nouveau curé me plaît, par sa douceur, son esprit, sa piété, mais il est bien jeune ! J'aime quelques cheveux blancs sur la tête d’un confesseur. Vous autres hommes, vous n’avez pas ces soucis, il ne vous vient pas tant de douleurs de conscience qui font pleurer plus d’une femme, car pour notre malheur nous avons du cœur partout.
Monsieur de Guérin,
rue et Hôtel Bergère, à Paris.
[Rayssac] 11 août [1836].
Me voici aux chères montagnes (1), auprès de ma chère Louise, heureuse de la voir, de lui parler, d’être avec elle toujours, dans la pleine, pleine jouissance enfin de l’amitié. Je suis dans ce bonheur depuis trois jours qui ont filé comme des minutes, si vite, si vite que je n’ai pu saisir que ce moment pour t’écrire. Louise, qui ne me quitte jamais, m'a quittée cependant pour aller à l’église, et j’ai couru dans sa galerie m'’asseoir sur sa chaise, prendre une plume et t’écrire où elle m'’écrit. Je (’avais promis de le faire et de penser à toi, ce qui va sans dire. Ton souvenir ne fait qu’un avec moi où que j'aille, surtout ici où tant de choses me rappellent mon cher Maurice. Hier, à l’occasion du tonnerre qui grondait comme il y a quatre ans, on parla de ta pièce de vers sur l’Orage, puis du petit grillon (2), et cela me faisait un plaisir!... Quand on aime quelqu'un tout ce qu’on en dit va au cœur. Mon ami, ce serait bien mieux si, au lieu de parler de toi, je t'avais. Voilà une pensée qui m'attriste. À présent que j'étais contente, ce regret vient comme un nuage me presser sur le cœur : mais, mon Dieu, il en vient tant dans la vie qu'il faut bien s’y accoutumer.
J'ai bien une autre peine, un mécompte, une espérance trompée à faire pleurer longtemps. Je me hâte de te l’apprendre, car cela me
Lettre 25. — 11 août 1836. — Autographe. Lettre publiée par le Mouvement des faits et des idées, 1923. Le manuscrit porte les cachets de la poste de Vabre, 15 août 1836; de Paris, 19 août; Id; OR; le signe de paiement.
(1) Eugénie se trouvait pour la troisième fois à Rayssac. Elle y passa trois semaines, depuis le 6 août jusqu’au commencement de septembre. ;
(2) Les deux poésies de Maurice, l’Orage et le Grillon du foyer de Rayssac, furent composées en 1831 et en 1832. On ne possède plus aujourd hui que la seconde. Ouant aux vers sur l’Orage, ils furent réclamés en juin 1840 par Eugénie après Ja mort de son frère. Mais rien n’indique que Louise les ait retrouvés.
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pèse au cœur. L[ouise] ne peut être à nous. Je ne puis avoir cette chère amie pour sœur. Le refus ne vient pas d'elle, elle ne sait pas même nos projets et ne peut les savoir. J'ai donné ma parole de ne pas lui en parler. Cela me gêne, me met à l’estoc, mais sa sœur l'exige, sa sœur la comtesse, à qui j'ai d’abord fait part de la proposition dont j'étais chargée. C’élait dans les convenances de s'adresser à elle, qui à tenu lieu de mère (3) à Louise], et j'aurais cru lui manquer d’agir autrement. Mais sa réponse négative m'entrave, m'ôte tout espoir. Adieu, le traité sous le chêne; adieu, mille espérances flatteuses; adieu, la charmante sœur. Que de choses ce non m'a fait perdre !
Je ne le pardonnerais pas, si la comtesse n'avait motivé son refus, de façon à me le faire accepter sans rancune. C’est dimanche, à Saliès (4), dans le parc, que nous avons traité cêtte affaire. Je n’osais pas la proposer, je tremblais de cœur, j’hésitais, près de toucher heur ou malheur, enfin la chose fut dite. La comtesse n’en parut pas surprise, elle me dit : « Pour quel frère ? — Mais, pour l’aîné. — Au demeurant, ajouta-t-elle, pour quel que ce soit la chose est impossible. Ma sœur a des goûts et des idées d'établissement que votre fortune ne pourrait contenter. Nous voulons bien la marier, il nous tarde que quelqu'un de nous prenne un parti, mais faut-il s'assurer dans ce changement de position de quelque chance de bonheur, Ni ma Sœur ni votre frère ne sont assez riches l’un pour l’autre. L. aime la dépense; elle a des goûts de princesse; il lui faudrait la fortune des Visconti (c'est une famille millionnaire dont Ch. d’Aragon (5) épouse une fille). Enfin, ma chère Eugénie, je ne puis pas vous tout dire, mais croyez-moi, L. ne fait pas pour vous. Je vous le dis avec la plus entière franchise, et surtout je vous prie, je vous conjure de ne pas lui parler de vos projets là-dessus. » Je lui promis, la voyant si pressante. Que me servirait d’en parler, de nous mettre mal avec la souveraine ? Au reste, je crois qu’elle a raison. J’ai vu, examiné, fait des questions. L. ne veut pas d’abord vivre à la campagne, article essentiel que je voulais savoir; puis elle voudrait mener un certain train dans le monde qui nous serait impossible. Elle n’est
(3) Louise de Bayne ne connut point sa mère, Jeanne-Françoise de Lostanges, inhumée à Gaillac le 25 mars 1812. La comtesse Pulchérie, plus âgée que sa sœur joua vis-à-vis d’elle le même rôle qu'Eugénie par rapport à Maurice. Elle était du reste Sa marraine.
(4) Commune du canton d’Albi sur le territoire de laquelle se trouve le château de la famille d'Aragon, remarquable par sa riche bibliothèque et son pare boisé aux allées ombreuses.
(5) Charles-François-Armand de Bancalis de Maurel, comte d'Aragon, né le 23 avril 1812, mort à Paris le 15 septembre 1848, perdit ses droits à la pairie en 1830, épousa en 1837 Thérèse-Séraphine Visconti d’Aragona, des anciens ducs de Milan. Elu député par le collège d'Albi, il a représenté le département du Tarn jusqu'à sa mort. Conseiller général d’Alban (1839-1848). Commissaire extraordinaire du département en 1848. La même année, la presque unanimité des électeurs le nomma représentant à l’Assemblée nationale. Il aida le duc de Nemouns à quitter la France après la Révolution de 1848.
10 juin 1836 85 Pas aussi riche que nous croyons; j'ai [su] d'elle-même que sa mère avait avalé une bonne portion de sa fortune. Puis enfin son caractère est l’antipode de celui d’'Erem. Voilà donc ma toile d'araignée défaite; je te le disais bien que je ne comptais pas sur grand'chose. Cela m'apprend encore mieux à ne fonder aucune espérance en ce monde.
Adieu, mon ami, je reprendrai dans un autre instant. Hnpossible
à moi de continuer. J'ai L. à côté de moi. Que dire d’elle auprès d'elle ?
Papa n’est pas encore guéri de sa jambe, il lui faut beaucoup de repos. Ce ne sera pas dangereux, mais long. Est-il vrai que les Raynaud viennent nous voir ces vacances ? Quel bonheur si tu venais avec eux ! Nous avons chez nous les pauvres Saint-Hilaire (6), bien affligées, bien malheureuses, bien à plaindre. II m'est venu une idée à leur occasion. La voici : c’est de travailler à mes Ænfantines (7) pour les publier à leur profit. Que penses-tu de cette idée ? À présent, ma poésie aurait un but utile, et je m'y enfoncerais toute entière. Je sens qu'elle n’est pas morte. Serait-ce pour rien que Dieu me l’aurait conservée ? J’attendais ton arrivée pour le faire part de mon plan, ou plutôt t’en demander un, car je n’ai rien de fixe là-dessus. Dis-moi d’abord si mon idée est bonne, [st cette] résurrection poétique a le sens commun. Tu sais qu'on ne se juge pas soi-même. L'ouvrage de M. Hippolyte a-t-il paru (8) ? Tu pourrais charger Félicité de me le remettre. C’est donc dans quelques jours que je verrai cette chère cousine et ses beaux enfants.
Nous passons la plus douce vie du monde en promenades, à l’église, en causeries de cent mille choses. Le soir, la conversation s'agrandit quand M. de B{ayne] s’y mêle et nous entretient de tant de choses qu'il sait. Cet homme si instruit, si bon, si estimable, me traite à merveille; il t’aime et me parle de M. Maurice souvent.
[P.-S.] L'adresse est par Vabre (9). J'attends une de tes lettres ici, où je comptedemeurer quinze jours, plus où moins, suivant les affaires du Cayla. Ainsi je pourrais bien partir plus tôt que je ne compte. Ce mariage d’Erem m'occupe grandement. Qui sait qui nous verrons entrer dans la famille ?
(6) Flora et Emilie Saint-Hilaire restaient sans fortune à la mort de leur père. Maurice, pris de pitié pour elles, leur envoya 50 francs.
(7) Ce recueil de poésies ne fut jamais terminé. l
(8) La Thébaïde des Grèves ou Wordsiworth, par La Morvonnais,.
(9) Chef-lieu de canton du Tarn, arrondissement de Castres.
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6 7° 1836, le jour de saint Eugène.
Il y a huit jours, je descendais des montagnes tout tristement, pensant à Louise, le cœur plein de son amitié et des regrets de notre séparation. Qu'il en coûte de s'éloigner d’une amie, de se séparer quand on a trouvé tant de bonheur d'être ensemble ! Dire adieu est un mot qui fait pleurer, qui tue. Fénelon a bien raison de dire que l’amitié qui fait Le grand honheur de la vie donne aussi d’inexprimables peines. Nous les avons senties, Louise et moi. C’est qu’au fond, les plus douces choses de la vie ont leur amertume. Je l’apprends, je le sens toujours plus. Qu’'y faire ? Se résigner, s’habituer tout doucement au courant du monde qui passe si diversement.
Mon ami, j'ai pensé à toi partout aux montagnes : sous les tilleuls, dans le petit salon, dans la galerie où Louise m'a fait lire de tes lettres (1), ces chères lettres que M. de Bayne conserve avec d’autres papiers précieux, Je crois que tu lui ferais bien plaisir de lui en envoyer quelque autre de temps en temps, de lui parler un peu de ce qui se passe dans le monde penseur et littéraire. Ce brave homme t’aime particulièrement. Le nom de M. Maurice lui doit être au cœur, car il l’a souvent sur les lèvres. Cette affection doit te plaire, j'y prends plaisir, d'autant qu'il m'en revient quelque chose comme ta sœur apparemment. Enfin, je ne sais pourquoi M. de Bfayne] me traite d’une manière distinguée. Il venait, causait, me parlait de ses grands auteurs, de ses grandes pensées. Nous ouvrions tous les livres, histoire, philosophie, légendes, poésie. C'était un cours de littérature que ses conversations du soir, car c’est le soir que nous causions, lui sur son fauteuil le dos tourné à la fenêtre, moi sur le grand sofa à la place marquée de la comtesse, Léontine au bout, Louise sur une chaise le plus près de moi, et Criquet à ses pieds ou sur ses genoux. Tu aurais vu aussi la table ronde avec (2) des livres, des brochures, des journaux, des bas entassés autour d’un chandelier, et dessous l'ombre où venait le grillon. C'était comme il y a quatre ans, toi de moins. L{ouise] n'est pas du tout changée; c’est même air de jeunesse, même gaîté, même œil de feu. Quel regard ! Je voudrais qu'il fût tombé sur Raphaël. Que serait-ce ? Moi, j'en ai dans l’âme un tableau charmant. Il est vrai.
Lettre 26. — 6 septembre 1836. — Autographe incomplet. Lettre publiée en partie par TREBUTIEN, loc. cil. pp. 109-112.
(1) Celles que Maurice adressa de la Chenaie à M. de Bayne. (2) Première rédaction : couverte.
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Je fus coupée là tout court par l’arrivée de Miou (3), mon écolière, petite fille douce, jolie et bête, selon papa qui n’aime pas sa lenteur, ce qui lui fait juger aigrement ma pauvre protégée.
[Mais revenons à l’esprit, parlons de L[ouise], encore un moment. J’en parlerais toujours, toujours. Elle me donne tant à dire, à sentir, à regretter ! Quel regret, mon Dieu ! Tu sais ce que je veux dire et comme j’espérais l’appeler ma sœur. Mais non, espérer n’est pas le mot. Je ne me trompais pas à ce point, je sais que le bonheur ne nous sert pas assez, surtout pour ces affaires. En voilà je ne sais tombien qui nous manquent. Je crains que notre f{rère] soit obligé au célibat, à moins que quelque étoile imprévue ne le guide en lieux étrangers, car dans le pays nous ne voyons plus personne pour lui. La demoiselle de Lisle ne veut pas non plus vivre à la campagne. Notre désert effraie ces jeunes têtes, toutes tournées du côté du monde. Louise] elle-même m'a avoué qu’elle ne quitterait pas sa solitude pour une autre, qu’en se mariant elle voudrait changer de position et mener une vie plus riante; puis, il lui faudrait de la fortune; enfin, nous ne sommes pas du tout ce qu’il faut pour son bonheur, pour ses goûts. J'ai su cela par des questions adroites ou maladroites qui m'ont trahie, qui lui ont dit ce que je ne pouvais pas lui dire. Au reste, je n'avais pas promis de me taire, seulement de ne pas proposer, ce qui m'a coûté assez, je te jure. Ne pas tout dire à elle, si confiante, si expansive, qui m’ouvre cœur, âme, tête, conscience, enfin tout, Oh ! qu’il m'en coûtait de lui taire une chose, toute posée sur mes lèvres avec tant d’autres qui s’en allaient ! Mais celle-ci était sous cadenas, j'ai prouvé qu’une femme pouvait tenir un secret (4). C’est bien cela puisque je n’ai rien dit qu'indirectement. Je savais que papa lui avait parlé comme en riant de ce projet. J'ai pris de là pour savoir un peu sa pensée. Ses réponses, qui ne pouvaient pas être concertées, ont été les mêmes que celles de la comtesse à Saliès. Les deux sœurs se connaissent et ne m'ont pas trompée. « Je ne connais pas, m'a dit Louise], d'alliance qui me fût plus agréable, mais ni lui ni moi ne sommes assez riches. En me mariant, je ne veux pas me mettre à la gêne. » Pouvais-je lui dire qu’elle aurait de l’aisance chez nous ? C’eût été la tromper, connaïissant notre position et les sacrifices qu’elle exige, petites choses dont personne ne se doute mais qui font souffrir parce que ces privations sur lesquelles on passe tous les jours entrent dans l’âme comme des grains de sable sous les pieds. Je ne voudrais pas que mon amie fût associée à notre vie telle qu’elle est: elle y serait malheureuse, je crois. Son habitude n’est pas de calculer sur une paire de souliers
comme nous.
(3) Fille de Malric, le meunier du Cayssié.
(4) Cf. La Fonrane, Livre VIII, fable 6. Les femmes et le secret.
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En vérité, souvent je serais mieux chaussée si j'avais 5 francs dans ma bourse. Ce n’est pas que papa nous refuse quoi que ce soit, mais que donner quand on n’a pas ? Je ne veux pas te le taire, ces 50 francs que tu as envoyés à nos cousines nous les gardons parce que papa leur en a donné autant et qu’il se trouve sans le sou depuis cette aumône. Par surcroît de gêne,] une grêle est venue avant-hier nous enlever nos raisins, C’est pitié de voir ces pauvres vignes brisées, qui promeltaient une si abondante récolte. On ne comptait pas moins de soixante-dix barriques, comptez sur quelque chose en ce monde !
[Que je suis aise de te voir maintenant à l’abri de ces misères, de cette pénurie dont tu as si longuement et si longtemps souffert ! Voilà l'avantage d’une position indépendante des événements du dehors, il n'y à pas grêle ni mauvaise récolte pour toi, Tes vacances sont embesognées mais riches. Auguste m'a dit qu’une seule répélition te valait 50 francs par semaine (5). C’est énorme, je me le suis fait répéter deux fois pour le croire. Il est dommage que ça ne dure pas toute l’année. ]
C’est demain que nous attendons les Raynaud, grands et petits. [Il tarde infiniment à papa d’embrasser Auguste, sa femme et les petits enfants. J'ai eu ce plaisir la première à mon passage à Albi. [Comme je descendais de cheval, ils arrivèrent chez Mathieu (6)]. Juge du bonheur, et comme la connaissance fut bientôt faite avec Félicité. Cet air d’amies que nous eûmes d’abord surprenait tout le monde, ceux qui ne savaient pas que nous nous connaissions déjà de cœur. Je trouve notre cousine bonne, simple, amicale, t’aimant beaucoup, ce qui fait que je ne l’aime pas peu. Nous avons causé de toi. « Parlez-moi de Maurice. Que fait-il ? Pense-t-il à nous ? Viendra-t-il enfin ? » et cent autres questions que j'ai faites, que je ferai encore ces jours-ci plus à loisir, Il pleut, par malheur; ce qui nous empêchera de sortir, de nous asseoir sous quelque chêne où il fait si bon dire des secrets.
Si nous L’avions aussi, quel bonheur ! N’y pensons pas puisqu’y penser n’y fait rien que donner plus de regrets. Maïs pourtant souviens-toi que je te veux, que nous te voulons l’an prochain. Arrangetoi en conséquence, ou dis-nous que tu ne veux pas nous voir. Je ne vois rien que l’agrégation (7) qui puisse te retenir, mais, d'ici à un an, tu as tout le temps de te préparer. Prépare-toi donc, ou plutôt présente-toi sans hésiter. Un peu de courage, allons; les courageux l’emportent. Pense au plaisir que tu nous feras, à celui qu’en aura
(5) Les répétitions étaient données par Maurice dans une famille riche qui habitait à quatre lieues de Paris. Qui sait si ce n’était pas la famille de Gervain, avant qu'elle vienne s'établir rue du Cherche-Midi ?
(6) M. Mathieu, juge au tribunal de première instance à Albi, habitait place aux Herbes. Sa maison est aujourd'hui détruite en partie.
(7) Après avoir abandonné le Code, Maurice se prépara au professorat,.
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papa, ce cher père qui t'aime tant que nous en serions jaloux, si nous n’avions malgré cela notre bonne part de tendresse. Le Pc tn d’un père est infini.
[Tu voudrais bien apprendre que sa jambe se trouve guérie; il ne me tarde pas peu de te l’apprendre, mais ce ne sera pas de quelque temps. Je crains qu’il y en ait pour tout l'hiver, voici deux mois que cette pauvre jambe est malade. C’est ce qu'on appelle un coup de fouet; garde-toi d’étirer trop ta jambe dans tes courses. Une autre peur plus sérieuse me prend pour loi, c’est de te savoir la nuit dans ces rues de Paris pleines d’assassins. Les journaux sont pleins de ces guet-apens nocturnes (8). Prends-y garde, sois prudent, pense à nous qui te regrelterions lant si un pareil malheur l'arrivait, Je te remercie infiniment de l’Echo (9). Papa aimerait mieux un journal politique. Tu en enverras un pour lui, si tu le peux sans te gêner. Je ne te dis pas lequel, papa veut voir avec..…. | [Lettre incomplète.]