‹ Eugénie de Guérin: Lettres à son frère MauriceChapitre 7 sur 46 · AVANT-PROPOS LITTÉRAIRE XV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS LITTÉRAIRE XV

d’après les manuscrits autographes qui nous ont été communiqués avec bienveillance par leurs nombreux détenteurs. C'est seulement lorsque les originaux nous ont échappé, que nous nous sommes reporté à des copies Trebutien, ou, en dernière ressource, à un texte imprimé.

Ceux qui ont vu des copies faites par le sous-bibliothécaire de Caen savent bien qu’en peut se fier à elles en toute sécurité. Trebutien, modèle des copistes, reproduit scrupuleusement l'original; il pousse parfois le souci de l'exactitude jusqu’à indiquer par un encadrement rouge le format de son modèle, allant à la ligne et à la page comme lui. Seuls, les textes imprimés sont sujets à caution, à cause des corrections et des suppressions qui ont été faites. Mais nous n'avons eu besoin d'eux que très peu souvent. Encore une fois, à de très rares exceptions près, c'est l’autographe que nous avons eu sous les yeux, c'est lui que nous avons reproduit. Sur les 33 lettres de notre recueil, 30 sont publiées d’après l’autographe et 2? d’après une copie Trebutien. Une seule fois, il a fallu se servir de l’édition courante. Il suit de là que le texte que nous offrons présente toutes les garanties désirables d'authenticité.

Nous nous sommes fait d’ailleurs un devoir de le publier dans son intégralité.

Jusqu'ici les éditeurs des Guérin s'étaient contentés de livrer par fragments au public les lettres qu'ils possédaient. Les livres de Trebutien, en particulier, ne renferment que très peu de textes complets. Les coupures v sont souvent nombreuses et quelquefois très longues. Pour donner des exemples, on compte dix suppressions dans la lettre du 24 novembre 1831 (en tout 66 lignes sur 153), et il v en a 5 dans celle du 22 janvier 1832 (en tout 138 lignes omises sur 258). De là, des passages qui irritent la curiosité des lecteurs et qui provoquent leur étonnement. De là aussi, leurs encouragements à la poursuite de notre tâche. En m'envoyant la copie de deux lettres d'Eugénie incomplètement éditées, dont l’une fait partie de ce recueil, M. Gabriel Thomas a daigné m'écrire

Ceci rend assez suspectes les éditions de Trebutien et justifie la grande œuvre que vous avez entreprise.

Reconnaissons toutefois que des coupures étaient nécessaires à l’époque de la première édition. Il y aurait outrecuidance à blâmer la manière de faire de Trebutien; elle tenait à sa délicatesse naturelle. La résistance qu'il opposa, sur ce point, à Bar-

Page 1