‹ Eulalie ou le grec sans larmesChapitre 114 sur 133 · DOUZIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

DOUZIÈME LETTRE

Je veux employer cette dernière lettre, ma chère Eulalie, à enricher votre petite anthologie de textes grecs. Antholog vient de ἀνθος, gén.

avbous, fleur et de λέγω dans le sens de je cueille ou je choisis; ce sont donc des fleurs que je vous offre, des fleurs de Grèce. Si vous y prenez goût, vous en voudrez davantage ;, 1] faudra pour cela, ma chère, aller aux champs vous-même. Achetez chez Hachette quelques-uns de ces vieux bouquins avec texte et traduction juxtalinéaire d'auteurs grecs, Homère, Eschyle, Sophocle, Euripide, quelques dialogues de Platon; lisez-les et faites votre moisson la plume à la main. On a beaucoup médit de ces traductions juxtalinéaires, sous prétexte que les élèves paresseux en abusent ; mais vous en ferez bon usage. J’ai connu un vieux soldat de Crimée, très peu lettré, qui, à l’âge de soixante ans, s'était mis en tête de lire Homère ; 1] se servit si bien du mot à mot juxtalinéaire qu’il finit par traduire l’JZliade à livre ouvert. Je m'en suis assuré un jour, non sans

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