SIXIÈME LETTRE
Avant d'aborder la conjugaison des verbes grecs, qui est extrêmement compliquée et difficile, je veux, chère Eulalie, vous donner quelques idées générales à ce sujet. IL vous effraiera moins quand vous en aurez vu les abords.
A une époque très antérieure à Homère, 1] semble que tous les verbes grecs se soient terminés en μὲ; cette désinence paraît bien n'être autre chose que le pronom personnel με ou eue, en latin me. Ainsi une forme comme Tômu, je pose, peut être considérée comme très ancienne. Dans la seconde personne, τίθης, tu poses, on est tenté de reconnaître aussi le pronom σύ; foi, qui a perdu sa voyelle finale.
Avec le temps, et par des raisons qui nous échappent, la plupart des verbes grecs perdirent leur désinence en μὲ; la 1ère personne de l'indicatif présent se termine, dans la grande majorité des verbes, en «©. Mais les verbes en μὲ qui subsistent sont les plus usités de tous, en particulier eu, signifiant “ je suis.”