‹ Eulalie ou le grec sans larmesChapitre 57 sur 133 · TEMPS ET MODES · texte numérisé non relu

TEMPS ET MODES

correspondant à notre passé ou prétérit), le parfait et le plus-que-parfait (formule mnémonique, en réunissant les initiales: pifapp) “Je délie, je déliaiïs, je délierai, je déliai, j'ai délié, j'avais délié,” toutes ces expressions marquent des relations de temps par rapport au moment où l’on parle. Dans le passif grec, il existe un éemps de plus, le futur antérieur : “ j'aurai été délié.”

Je viens de traduire les temps du verbe actif Avo au mode indicatif, qui est le plus simple de tous. Maïs chacun de ces temps comporte cinq autres modes qui peuvent nuancer la pensée sans impliquer d'autre relation temporelle que lindicatif. Par exemple, si “18 délierai ” est le futur indicatif, “devoir délier” est linfinitif futur et “devant délier” le participe futur. Quand on connaît la forme de l'indicatif, que donnent les dictionnaires, on en déduit, par des règles fixes, celles des autres modes. Ainsi “ je délierai ” se dit λυσω: “devoir délier” se dit Avo-ew ; ‘ devant délier” se dit Avo-wv. (Ces désinences εἰν, ων, ajoutées à la forme de l'indicatif futur moins sa désinence w, se retrouvent dans toute la série des verbes.

Le grec connaît six modes: l'indicatif, limpératif, le subjonctif, l’optatif, l’infinitif, le participe (formule mnémonique: äisoip). Ces six

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modes n'existent d’ailleurs que pour le présent l'aoriste et le parfait : imparfait et le plus-queparfait n’ont que lindicatif; le futur n’a que l'indicatif, l'optatif, l’infinitif et le participe.

L'optatif, du latin opfativus (de optare, “ souhaïiter ”), est un mode qui marque le souhait. Aïnsi le subjonctif de Avw, qui a la même forme Avo, signifie “que je délie”; l’optatif, Avoyu, signifie “que 16 déliasse” ou “puissè-je délier.” Il s'emploie d’ailleurs aussi dans d’autres sens, par exemple pour marquer le conditionnel.

J'ai dit que l’aoriste correspondait à notre passé ; cela n’est vrai qu'à l'indicatif et au participe. Aux autres modes, il équivaut au présent, avec une nuance de sens souvent fugitive. Il faut insister là-dessus, car c’est une source féconde de malentendus. Par exemple φαγεῖν, manger, est linfinitif aoriste d’un verbe inusité φάγω (je mange se dit ἐσθιω): si l'on dit θέλω φαγεῖν, cela ne signifie pas “ je veux avoir mangé,” mais “ je veux manger.” À cet égard on peut dire que le terme aoriste ( indéfini”) n’est pas aussi mal choisi qu'il en à l'air, car il indique vraiment une relation de temps peu définie, à la différence de notre passé français.

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