VOIX
Commje de^s cygnes blancs guidés vers TEmpyrée, Par rinstinct qu'éveilla le séjour de la Terre, Nos âmes ont ouvert en voiles inspirées, Sur leurs barques d'azur, leurs ailes vers les sphères D'où leur désir d'amour les avait exilées.
Nous avons délaissé tous nos désirs d'archanges Pour pouvoir ressentir ceux de l'humanité.
Mais nos yeux ne pouvaient éteindre la clarté Qu'allumaient les flambeaux de nos cœurs sans mé-
[langes
Le Lotus et le Sphynx, les Foudres et la Lyre Sur rétendard du monde ont régné tour à tour Pour procréer la Croix, dont le geste d'amour Est devenu celui des âmes qui soupirent.
La terre brillerait du reflet de nos sphères Si ses yeux avaient pu, sans être consumés Poursuivre, avec l'éclat de leur beauté première, Au ciel où son flambeau jadis s'est allumé.
Le Titan de l'idée en son vol de lumière..
Pleurerez-vous jamais de nous avoir chassés De l'exil de la terre où nous avons souffert? Vous avez fui nos bras que nous avons ouverts Comme des croix de chair pour vos âmes lassées,
Vous avez méprisé le plus humain des christs:
Shelley, le cœur des cœurs, oh ! nous Tavons repris. Il a fallu que la mer nous le rende. Car pour transmettre son esprit, Seule elle était assez grande.
Soyez Prométhéens, devenez Lucife-s
De vos propres esprits et si des cœurs de fer
Vous entravent de leurs paroles,
Sachez que le feu de TEnfer
Forge Tor pur des auréoles.
J'entends se réveiller la voix des anciens sages. Elle apporte les chants qu'aux siècles de beauté Le peuple composait pour la divinité.
ÉcQute, un monde passe et TEsprit chante.
(Des voix chantent):
Un souffle inconnu nous enchante,
Nous passons, nous passons.
La voix qui nous donna des ailes A formé l'âme- universelle.
Tout s'alimente à l'univers que nous portons, Nous sommes nés dans un sourire, Nous sommes la joie et la couleur.
Nos voix, des parfums, car nos lyres
Ont pour cordes des fleurs.
Et chaque siècle aous éclaire,
Et tout le songe de beauté
Que nous versons rejaillit en clarté
Sur notre aube première.
Nous avons traversé bien des mers,
Des hommes ont senti notre passage,
Nous sommes moins Tâme de Tair
Que le souffle vivant des sages.
Nous passons. Esprits, nous passons,
Plus forts de Tunivers que nous portons.
Et de nos ailes de lumière
Se répand en musique encore une prière