Thucyd., II, 100; Diod., XVII
6. Plutarque, ilfor., pp.l77 a, 384 «,531 e, 1093 d. Lucien, Para»., 35.
cour du roi de Macédoine qu'il composa ou termina plusieurs de ses tragédies, entre autres VIphigénie à Aulis et les BacchanteSy et un drame auquel, par reconnaissance pour son hôte royal, il donna le titre à! Archélaos^ . Les derniers jours de son existence furent charmés par Testime et la considération de tous, par les hommages dont il était Tobjet, par Tamitié fidèle du poète Agathon '.
Il mourut en 406 ^ &gé d'environ soixante-quinze ans\ Mais la légende s'est emparée de la mort d'Euripide comme elle s'est emparée de sa vie. Un poète qui avait tant occupé l'opinion publique, qui avait soulevé tant de haines, ne pouvait avoir eu une fin ordinaire. Les biographes racontent, avec la dernière précision, comment Euripide promenait un jour ses méditations solitaires dans un bois, près de la ville de
1. Ce titre rappelait le souvenir du fondateur de la dynastie macédonienne.
2. Sur le séjour d'Agathon à la cour d'Archélaos, voir Aristoph., Gren,, 83, et le scholiaste au v. 85. Platon, Banquet,^. 112 c. — Plutarque, Afor., 1T7 a et 770 c, et Êlien, Hist. Var., Il, 21; XIII, 4, se font les échos d'un propos d'après lequel Euripide aurait été l'un des érastes du bel Agathon. Ce serait pour lui qu'il aurait composé son- Chrysippos, Ce propos doit avoir pour origine la misogynie d'Euripide, rapprochée de l'amitié qui a uni les deux poètes. Aristoph., Thesmoph.f 88 et suiv.
3. Apollodore (Diodore, XIII, 103, 5; cf. 104, 1) le fait mourir en 01. 93, 3. Le Marbre de Pathos indique la date : 01. 93, 2. L'année attique commençant au mois de juillet, ces deux indications peuvent se rapporter également, comme le remarque M. Weil {Introduction^ XVIII, note 2) à l'été de l'an 406. Cf. Schol. Arist., Thesm, 190. — La date donnée par Plutarque, Banquet^ I, p. 717 c, est une erreur provenant d'une fausse interprétation d'un texte de Timée do Sicile.
4. Ëratosthène (Vie anonyme^ p. 3, 1. 3) donne le chifi're exact de 75 ans. Mais nous avons vu que la date de la naissance d'Euripide n'est pas certaine.
Pella, quand passa la meute d'Archélaos, qui était en chasse. Les chiens du roi, possédés, à la vue d'Euripide, d'une rage singulière, crurent avoir affaire à une bête fauve : ils se jetèrent sur le poète et le dévorèrent * . Un tel accident sans doute n'est pas impossible ; mais, en tout temps et en tout pays, les hommes qui, vivants, ont eu un renom d'impiété, n'ont-ils pas mal fini? Le genre de^mort d'Euripide est déjà, dans la mythologie, celui d'Actaeon, dont l'œil impudent osa contempler, en son bain, la déesse Artémis. Ce récit est donc vraisemblablement une fable', dont l'origine s'explique par la malveillance du parti conservateur d'Athènes, par les rancunes de tous ceux qu'avaient choqués les libertés d'Euripide à l'égard des dieux. Une autre version de la même histoire veut rendre compte de la fureur des chiens d'Archélaos. Deux poètes dont on cite les noms, Arribas le Macédonien et Crateuas, le Thessalien, jaloux de la faveur d'Euripide, complotèrent sa perte. Ils achetèrent, au prix do dix mines, la complicité d'un esclave d'Archélaos (cet esclave a, lui aussi, un nom: il s'appelle Lysimaque) : ce fut cet homme qui lâcha contre Euripide, en les excitant, les chiens du roi. Sur ce chapitre, les biographes du reste ne s'entendent point. Il en est qui racontent gravement que le poète a été ^déchiré, comme Orphée, non par des chiens, mais par des femmes '. Les noms propres que l'on cite