Vie, p. 5, 1. 11-12. Suidas, EOpimdY
encore à ce propos, et dont les biographes antiques ne sont jamais avares, ne peuvent nous faire illusion sur la valeur de cette tradition. N'est-il pas clair qu'elle a sa source dans les vers où Aristophane fait dire à Euripide que les femmes vont profiter de la fête des Thesmophories pour le tuer et venger ainsi leurs injures *? Un poète qui avait tant décrié le sexe féminin ne devait-il pas périr par les femmes? Résignons-nous donc à ignorer comment Euripide a fini ' ; ce qui d'ailleurs importe peu pour l'appréciation de ses œuvres.
Quand la nouvelle de cette mort parvint à Athènes, ce fut un deuil public. Le vieux Sophocle se couvrit, dit-on, de vêtements noirs; aux répétitions dramatiques, les acteurs et les choreutes parurent sur la scène sans couronnes'. Le peuple athénien pleura sincèrement son poète grandi par l'exil. L'effet produit par cette mort ne fut pas moindre à l'étranger, où Euripide ne comptait que des admirateurs ^. Denys, tyran de Sicile, acheta très cher la lyre, les tablettes et le stylet du poète, pour les faire déposer dans un sanctuaire des Muses'. En Macédoine, Euripide eut un magnifique tombeau, que pendant longtemps on alla visiter, près d'Amphipolis, dans la vallée d'Aréthuse*. A Athènes, sur la route du Pirée, il n'eut