Fragm
ceste, qui, en mourant, devient étrangère à toute douleur*. Hécube dit que le mort perd la mémoire de ses maux, qu'il ne pleure plus '. Si, après la vie, il y a cessation de douleur, il y a également cessation de plaisir'. La mort est donc un état négatif, qui ne parait guère différer du néant. Les héros d'Euripide eu conviennent. Pour Iphigénie, « ce qui est sous la terre n'est rien * » ; pour Andromaque, « mourir est l'équivalent de ne pas exister' ». Une idée analogue s'exprime, avec une singulière rigueur, dans un fragment du Méléagre : « Tout homme, une fois mort, n'est plus que terre et qu'ombre. Ce qui est néant s'en va au néant'. » Cette maxime, dans sa précision, ne fait que reproduire une idée fort répandue à l'état vague, qui était celle de la majeure partie des contemporains d'Euripide, de ceux du moins qui n'allaient pas à Eleusis, qui n'étaient point affiliés à la secte orphique, de cette foule inconsciente et peu ambitieuse pour qui la mort était sans espérances, ou à qui elle n'offrait d'autre perspective que la cessation des maux de la vie.
A côté de ces textes, il y en a d'autres qui portent la trace des préoccupations personnelles d'Euripide, et où l'on reconnaît la marque de ses idées philosophiques. Dans un fragment de YHypsipyle traduit par