‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 109 sur 341 · Hippol., 193-196. Phœnix, tr. 816, t · texte numérisé non relu

Hippol., 193-196. Phœnix, tr. 816, t

ditions populaires et les récits des poètes prétendaient bien apprendre aux hommes ce qui se passait sous la terre. Il n'était pas un enfant grec qui ne fût familier avec Cerbère et avec la barque de Gharon, qui ne connût le Cocyte et TAchéron. Mais, pour Euripide, ces récits ne comptent point : il déclare, en trois mots, que ce sont là des fables vaines % et qu'en réalité une obscurité épaisse nous dérobe ce qu'il y a au delà de la tombe '. Sur cet au-delà, qu'estil permis cependant, sinon de savoir, du moins de conjecturer?

Euripide philosophant fait & ce sujet deux réponses diverses entre lesquelles il est possible qu'ait hésité et flotté sa pensée. La première, qui est en contradiction avec certains textes cités plus haut, c'est que la mort n'est point le néant, mais oc une autre vie ° », ou « une autre forme de l'existence * » . — « Qui sait, dit-il, si ce qu'on appelle vivre n'est pas mourir et si mourir n'est pas vivre"? » En esprit sage et vraiment philosophique, Euripide n'affirme rien ; il se borne à poser une question à ses auditeurs. Cette question, il n'est guère probable qu'il en ait eu l'initiative : il l'a sans doute entendu débattre chez les philosophes ses amis; peut-être l'a-t-il rapportée d'un entretien avec Socrate. Mais cette magnifique et séduisante

i. Hippol., 197, {jLuOoK i*SXktù^ 9ep6(Aeo6a.

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