‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 119 sur 341 · Hécube, 925. Troyennes, 1107. ÊUctre · texte numérisé non relu

Hécube, 925. Troyennes, 1107. ÊUctre

lant, en souriant à la vaine image de sa personne. Elle se lève ensuite dp son siège et parcourt Tappartement, posant délicatement sur le sol ses pieds d'une éclatante blancheur. Enchantée de ces présents, plusieurs fois elle se dresse et jette un regard sur ses talons S » Dans cette petite scène, d'une si exacte observation, est-ce la fille du roi de Corinthe qu'Eur ripide a voulu représenter? N'est-ce pas plutôt la femme athénienne à sa toilette un jour de fête'? Ce serait d'ailleurs aller trop loin que de prêter ici au poète l'intention de moraliser et de démontrer aux femmes, par un exemple saisissant, les conséquences fatales de la coquetterie. Euripide n'a pas inventé sans doute la mort de cette femme prise aux séductions de sa vanité; il doit tenir ce récit de la tradition.

Le reproche de bavardage et de médisance est si communément adressé aux femmes qu'il ne faut pas s'étonner de le rencontrer dans les pièces d'Euripide. « La moindre chose, dit-il, les met en train de conversation; le moindre prétexte amène chez elles un déluge de paroles'. » Quel plaisir n'ont-elles pas aussi à médire les unes des autres! Si, quand il s*agit de défendre leurs droits ou leurs empiétements contre l'ennemi commun, qui est l'homme, toute femme — c'est encore le poète qui parle — est une alliée naturelle pour une autre femme*, en revanche, quand

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