Alopè, fr
un aussi grave intérêt n'est pas en jeu, les alliées de la veille deviennent des ennemies qui se mordent à belles dents ^ Ajoutons que ces Athénieimes sont indiscrètes et qu'il ne fait pas bon les mettre au courant d'une entreprise qu'on veut tenir secrète. Quand Pylade complote avec Oreste la mort de Ménélas, apercevant tout à coup les femmes du chœur, il fait signe à son ami de se taire : il a peur d'une trahison*.
Un autre trait du caractère de l'Athénienne est son habileté ; habileté qu'Euripide, en pessimiste qu'il est, déclare être sans cesse tournée vers le mal*. Il fait dire à l'une de ses héroïnes que, si le prix de la victoire appartenait à la ruse, ce seraient les femmes qui régneraient et qui gouverneraient les hommes^. Il leur reproche leur souplesse, leur excès de finesse*. Nous ignorons ce qu'il y avait de fondé dans ces griefs, que la comédie, qui grossit tout, ne suffirait point à justifier ; mais il faut convenir que la condition où la femme athénienne se trouvait placée devait nécessairement développer chez elle l'esprit de ruse. Délaissée par son mari, qui courait tout le jour à ses affaires et à ses plaisirs, la femme se vengeait à sa manière de l'abandon où elle restait, et peut-être de plus d'une trahison conjugale, en essayant de jouer les meilleurs tours possibles à celui qui avait le tort de la dédaigner : les moyens dont elle se servait pour