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le duper, la tactique qu'elle déployait pour arriver à ses fins étaient pour elle une sorte de revanche de rinfériorité à laquelle la loi et Tégoïsme des hommes la condamnaient^
Des défauts de ce genre ne pouvaient échapper à une observation même superficielle. Euripide a pénétré plus avant dans FAme des femmes. Il met en relief les oppositions et les contrastes de leur nature ; nature faite de timidité et de hardiesse, de faiblesse et de violence*. La femme^ remarque-t-il, est naturellement portée aux larmes; elle éprouve une sorte de plaisir à se plaindre; elle a sans cesse ses maux à la bouche'. Le spectacle de la force lui fait peur; elle tremble à la vue du fer, mais elle ménage à qui la connaîtrait mal de redoutables surprises. Cet être faible devient, à Toccasion, un être fort. La femme trompée par son mari ne recule devant rien ; « il n'y a pas d'ftme qui soit plus altérée de sang^ ». Pour satisfaire sa vengeance, si la force ne doit pas réussir, elle emploiera la ruse. Elle saura refouler ses colères, attendre l'heure propice, guetter ses victimes et leur présenter un visage souriant. Médée, condamnée à l'exil, a besoin d'un délai qui lui laisse le temps de se venger. Pour l'obtenir, elle flattera le vieux roi de Corinthe, qui la chasse du pays. Pour que ses enfants puissent porter à la nouvelle épouse
1. Voir sur ce sujet l'étude de M. Lallier, De la condition de la femme dans la famille athénienne au v« et au iv« siècle (Paris, Thorin, 1875).