‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 122 sur 341 · Médée, 264-267. Cf · texte numérisé non relu

Médée, 264-267. Cf

le vêtement qui sera pour celle-ci un vêtement de mort, elle mentira à tous ses sentiments : elle appellera Jason auprès d'elle, comme si elle avait honte de ses récents emportements ; elle demandera pardon à l'époux qui vient de la quitter de torts qu'elle n'a pas; elle s'humiliera devant l'homme qui lui a infligé le plus cruel des outrages*. Ce n'est point le caractère de l'enchanteresse de Colchide, tel qu'il l'avait reçu de la tradition, qu'Euripide a représenté ici : ce qu'il a voulu peindre, c'est l'étonnante puissance de dissimulation que certaines âmes de femmes tiennent en réserve et dont peut disposer, à un moment donné, pour mieux assurer l'exécution de sa vengeance, l'épouse outragée. Il ne faut pas être surpris du reste que les femmes usent de pareils moyens ; bien peu d'entre elles se résignent à être trahies. « Ne saurais-tu supporter en silence ce que l'amour te fait souffrir? » dit Andromaque à Hermione, qui a en elle une rivale. Hermione lui répond : « Gomment le pourrais-je? L'amour n'est-il pas partout ce qui pour les femmes est au premier rang*? » L'amour, tel que le poète nous le décrit, est en effet la grande affaire de la vie des femmes. C'est une maladie qui, chez elles, est plus grave que chez l'homme '; c'est une folie* qui, une fois qu'elle s'est emparée de ses

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