‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 124 sur 341 · Pragm. incerL, 1015, Nauck · texte numérisé non relu

Pragm. incerL, 1015, Nauck

voient leur couche déshonorée, et, dans leur sagesse, feignent de ne rien voir!... C'est le propre du sage de ne pas vouloir voir le mal*. »

Au nombre des femmes les plus disposées à tromper leurs maris, Euripide place celles qui ont trop d'esprit : « Ce qu'il y a de plus heureux, dit Hippolyte, qui moralise beaucoup pour un jeune homme sans expérience de la vie, c'est d'avoir installée chez soi une femme insignifiante dont la simplicité n'est bonne à rien. Celle qui a de l'esprit, je la déteste. Puissé-je n'avoir jamais à mon foyer une femme qui raisonne plus qu'il ne convient à son sexe! C'est surtout chez les femmes habiles que Vénus dépose les instincts mauvais. La femme nulle est préservée du mal par son esprit borné ^ » Ces personnes habiles sont celles qui vont au mal du cœur le plus léger et qui portent dans leurs trahisons le plus d'aisance. Comme elles se sentent pleines de ressources, elles ne tremblent point. Il faut lire dans Aristophane la longue liste des tours que les Athéniennes jouent à leurs époux'. Il faut se rappeler surtout les ruses de la femme d'Euphilétos, dans le discours de Lysias sur le meurtre d Eratosthène^ . Là, on n'a plus affaire à des propos de comédie dont on peut toujours suspecter l'exactitude : on se trouve en présence d'une réalité de la vie d'Athènes au v' siècle. S'il ne serait pas équitable de juger des mœurs féminines de ce

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