‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 127 sur 341 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

des femmes athéniennes chez qui le vice sera héréditaire . Euripide estime que le plus grand malheur qui puisse arriver à un homme, c'est d'épouser la fille d'une femme perverse : les hontes de sa mère se reproduiront en elle \ Ce n'est pas uniquement son honneur de mari qui est alors en jeu : c'est — ce qui le préoccupe peut-être plus — l'avenir des enfants qu'il doit avoir. Les enfants nés de pareilles femmes seront en effet sans valeur et sans vertu : le poète les compare énergiquement aux plantes qui poussent dans les marécages '. Quels que soient d'ailleurs les mobiles ou les instincts qui entraînent la femme à

ahir ses devoirs, Euripide, contrairement à l'attitude que la tradition lui prête dans son propre ménage, est d'avis que le mari soit impitoyable : il devra châtier la coupable, à la fois pour venger son honneur outragé et pour faire un exemple salutaire. S'il y a des hommes qui, par égard pour leurs enfants, ou pour des raisons de famille, épargnent celle qui les déshonore, ce sont là des complaisances funestes qui font que le mal s'étend partout et que la vertu s'en va*.

La femme étant sujette à tant d'entratnements, il semble que le mari ne saurait prendre à son égard assez de précautions. Mais Euripide connaît trop la nature féminine pour ne pas rappeler à l'homme que l'excès de surveillance est aussi dangereux que l'excès contraire : « Il n'y a pas de rempart, il n'y

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