‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 128 sur 341 · Mélanippe enchainée, fr · texte numérisé non relu

Mélanippe enchainée, fr

a pas de trésor qui soit aussi difficile à garder que la femme ^ » C'est que, pour celle qui pense au mal, une surveillance jalouse et étroite est une sorte de défi jeté à son habileté : la femme qui se voit soupçonnée sô pique au jeu et n'en est que plus portée à justifier les méfiances dont elle se sent Tobjet. Celle au contraire qui est naturellement honnête n'a pas besoin d'être gardée : « Même au milieu des orgies de Bacchus, elle conservera sa vertu*. » C'est donc cette vertu naturelle qu'il faut rechercher chez la femme, et non la beauté'. En cela Euripide est d'accord avec les poètes comiques, comme lorsqu'il recommande de ne point épouser une femme d'une condition supérieure à la sienne, sous peine de devenir son esclave \

S'il a des conseils pour l'homme, il a des leçons pour la femme. La première de toutes et la plus importante, c'est de ne point avoir de volontés contraires aux volontés de Tépoux. Sage prescription, car plus d'une femme était portée à l'indépendance. Dans la maison athénienne, d'oùl'homme est presque toujours absent, la femme d'ordinaire est vraiment souveraine : c'est elle qui est chargée de tous les détails de l'administration du ménage, qui règle les dépenses, qui surveille et qui dirige un personnel quelquefois assez nombreux d'esclaves. Dans cet exercice de son autorité domestique, elle contractait l'habitude du commandement, et cette habitude devait lui donner

1. Danaé, fr. 320. Cf. Fragm, incerL, 1061. %. Bacchantes, Zil.

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