Mélanippe enchaînée, fr
rillusion que le mari, pour peu qu'il se prèlàt à ce r6le, n'était que le premier et le plus élevé en dignité des serviteurs. Celui-ci s'apercevait, quelquefois trop tard, que son autorité était méconnue, et un conflit, dangereux pour la paix du ménage, éclatait. Afin d'éviter ces orages, Euripide veut que ce soit toujours la femme qui cède *. Il en donne cette raison que « Texistence d'un seul homme est plus précieuse que celle de mille femmes' », ou encore celle-ci que « toute femme est fort inférieure à son mari, quand même un homme de nulle valeur aurait épousé une personne de grande valeur' ». Sous ces hyperboles paradoxales se cache un sentiment qui est bien celui de Tépoque. La femme grecque, par sa nature, par son éducation, par les conditions où elle se trouve placée en vertu de la loi, est en effet fort au-dessous de rhomme. Il lui en coûterait de pousser trop loin ses résistances et d'élever trop haut les prétentions qu'elle a de se faire obéir. La menace du divorce est perpétuellement suspendue au-dessus de sa tète : celies-là seules se sentent un peu rassurées de ce côté, qui ont apporté avec elles une grosse dot que le mari serait forcé de rendre à la famille \ En général, la femme fera donc sagement de baisser la tète et de se soumettre. Ses devoirs d'ailleurs sont tout
1. Éleclre, 931, 1052. Androm,, 213. SuppL, 40. Cretoises, îr, 463. Œdipe, fr. 545, et le vers 16 d'un fragment d'Euripide, appartenant peut^tre à la tragédie des Téménides, publié par M. WeU, dans les Monuments grecs, 1879, p. 3 et suiv.