Cf. Lallier, ouv. cité, p. 234. Androm
tracés. A la condition qu'elle soit entendue aux soins du ménage, qu'elle paraisse rarement en public et n'ait de conversation qu'avec les serviteurs *, qu'elle s'efforce de complaire en toutes choses à son époux ' et qu'elle n'entrave point sa liberté ', celui-ci pourra lui pardonner son infériorité; il oubliera peut-être même cette infériorité pour voir dans la femme qui vit avec lui non l'esclave de ses volontés, mais la compagne de sa vie.
Les leçons qu'adresse Euripide aux femmes de son temps ne s'expriment pas toujours par des maximes et des sentences; elles prennent quelquefois la forme d'exemples que le poète semble avoir voulu proposer à l'imitation de ses contemporaines. Il y a dans son théâtre des personnages féminins dont le langage humble, la conduite modeste, la déférence et la soumission à l'égard du mari, font contraste avec l'attitude habituelle des autres femmes dont elles sont la critique vivante. De ce nombre est Andromaque. Dans les Troyennes^ Andromaque, debout sur le rivage, attendant le moment où les Grecs vont la traîner en captivité, s'associe d'abord aux plaintes et aux lamentations d'Hécube. Puis, devenue plus calme, faisant un retour sur le passé, la veuve d'Hector éprouve une sorte de satisfaction à se rendre cette justice qu'elle n'a failli à aucun de ses devoirs
1. Beraclides, 476. Méléagre, fp. 521. Fragm, incert., 921, Nauck^.
2. Euripide va plas loin. 11 dit (fr. 909) qu*un mari, fàt-il laid, doit paraître beau à sa femme, si elle a de l'esprit, et que, quand il parle, elle doit trouTor qull parle bien, même s'il parle mal.