‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 153 sur 341 · Suppl., 238 et suiv · texte numérisé non relu

Suppl., 238 et suiv

3. La date de cette yictoire, qui serait aussi une date de la carrière d'Euripide, n*est donnée par aucun texte. Grote (t. IX, p. 314), Hertz

berg {ÂlkibiadeSy p. 99), suivis par M. H. Houssayo {Hist. dCAlcibîade, I, 317), fixent cette date en 01. 90, 1 =s 420. Mais ce n'est là qu'une probabilité.

4. Plutarque, qui, dans la Vie d'Alcibiade, chap. 11, rapporte cette tradition, sans la critiquer, dit, dans la Vie de DémosthèneSy I : « Celui qui a composé Tcloge en l'honneur de la YÎctoire d'Alcibiade aux courses de chars d'Olympie, que ce soit Euripide, comme on le croit généralement, ou tm auU^,„ »

poète a subi, à un certain moment, comme Athènes entière, la séduction du fils de Clinias; mais qu'il se soit attelé à son char, cela reste douteux. La tragédie des Suppliantes renferme sans doute des allusions, que personne ne conteste, à Alcibiade : Talliance récemment conclue entre Athènes et Argos était, en effet, son œuvre. Mais ces allusions paraissent contradictoires. D'une part, Adraste dit à Thésée qu'Athènes est heureuse « d'avoir en lui un jeune et vaillant chef* ». De l'autre, le poète met dans la bouche de Thésée une critique très vive de la conduite de la jeunesse qui prend part aux affaires publiques. « Tu as ruiné ta patrie, dit-il à Adraste, entraîné par des jeunes gens avides d'honneurs, qui poussent à la guerre sans souci de la justice, qui corrompent les citoyens, l'un pour obtenir un commandement militaire, l'autre pour s'emparer du pouvoir et l'exercer avec insolence, un autre enfin pour faire fortune, sans se demander si le peuple ne soufiFrira pas d'une telle conduite'. » Alcibiade, avec son entourage, n'est pas désigné ici moins clairement qu'il n'était désigné seul dans le passage précédent. Comment donc peut-il être considéré tour à tour comme un chef excellent et comme un ambitieux sans scrupules? Cette contradiction serait insoluble, si, avec plusieurs critiques, nous ne reconnaissions dans le premier texte cité une interpolation; il n'y a pas à tenir compte de ces vers qui ne sont point d'Euripide*.

i. SuppL, 190 et STiiT.

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