Ibid
3. G. Dindorf considère comme interpoles les vers 184-192, et il en
Il semble donc que celui-ci, malgré le grand service qu'Alcibiade venait de rendre à son pays, n'ait voulu ni le flatter ni le glorifier, qu'il ait jugé bon au contraire de tenir le public en garde contre lui et contre la turbulence inquiétante de la jeunesse qui lui faisait cortège ^ La politique d'Alcibiade, qui, dès ce moment-là, est une politique d'audace et de fourberie*, ne pouvait être l'idéal d'Euripide, qui veut une politique prudente' et qui sans doute la rêve honnête. Faudra-t-il voir encore dans le célèbre lieu commun des Phéniciennes sur les exilés^ une allusion, mêlée de sympathie, au rappel et au retour d'Alcibiade? Nous ne le pensons pas. Polynice, à qui sa mère Jocaste demande quel est le genre de soufl'rance particulier à l'exil, ressemble à Alcibiade en un point : comme lui, il a été banni. Mais le rapprochement se borne là. Il n'y a aucun rapport possible entre le retour triomphal d'Alcibiade, qui, en 407, rentre à Athènes vainqueur des ennemis de son pays, et le retour de Polynice, qui vient devant Thèbes à la tête d'une armée étrangère et ne franchit les murs de sa patrie qu'à la faveur d'un armistice. La chronologie
donne de bonnes raisons (Eurip.f t. III, AnnotationeSy p. 394). Kirchhoff et Nauck les retranchent également. Ils sont maintenus par Wilamowitz-MœllendorfT seul (édition des SuppUanleSy dans ses Ànalecla Euripidea).