‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 160 sur 341 · V. 519 etsuiv · texte numérisé non relu

V. 519 etsuiv

2. Allusion probable au Tatvaptov oiyoç dont parle Thucydide, I, 128. Des hilotes s'étaient réfugiés on suppliants dans le sanctuaire de Poséidon du cap Ténare. Des Lacédémoniens les attirent perfidement au dehors» les emmènent et les tuent. Ces massacres d'hilotes ne sont pas d'ailleurs des faits rares dans l'histoire de Lacédémone.

3. Androm.y 445-453. Les vers des Suppliantes (186 et suiv.), dans le même sens, «ont considérés par Dindorf comme interpoles.

4. Nous nous rattachons à l'opinion qui fixe la date de VArulro' maque un peu après la rupture de la paix de Nicias. Le texte du Scholiaste (▼. 445) , dont la source est Philochore, est formel. Il dit que les Spartiates « avaient violé la paix ». La scholie qui parle des

La tragédie à^ Andromaque a été jouée sur un théâtre étranger, à Argos peut-être, dont il importait alors d'entretenir les défiances ou la haine à Tégard de Sparte*. Les mêmes sentiments s'étaient déjà fait jour dans une pièce représentée à Athènes même, les Héraclides, Il nous faut en donner une analyse rapide pour que Ton comprenne de quels événements elle est contemporaine et la portée des allusions qu'elle peut renfermer.

Les enfants d'Hercule, poursuivis, après la mort de leur père, par la haine d'Eurysthée, réduits à fuir de ville en ville, partout repoussés à cause de la crainte qu'inspire le tyran de Mycènes, sont venus chercher asile en Attique, à Marathon, où règne Démophon. Les fils du héros se sont groupés autour de l'autel de Jupiter, sous la garde d'Iolaos, neveu et compagnon de leur père ; les jeunes filles se sont réfugiées dans le temple même, avec Alcmène leur aïeule. Les frayeurs des exilés ne sont pas vaines. Bientôt arrive un héraut envoyé par Eurysthée : il signifie à lolaos d'avoir à quitter l'Attique et à rentrer à Argos avec la famille d'Hercule; sur son refus, il l'arrache brutalement de Tautel. Aux cris poussés par le vieillard accourent des gens du pays (ce sont eux qui composent le chœur) qui s'interposent entre lui et son agresseur, à qui ils rappellent qu'il est sur

commencements de la gueiTe du Pcloponèsc est plus récente. Les raisons de métrique que l'on oppose à cette date ne sont pas décisives. Cf. Bergk, Grieck. LiL, III, p. 542, n. 234.

1. C'est ce que font supposer les vers 733 et suiv. : « Il y a, non loin de Sparte, une ville qui était amie, qui maintenant fait acte d'hostilité. »

une terre libre, chez des hommes rjespectueux des dieux et des droits des suppliants. La querelle qui vient de s'engager sera jugée par Démophon, roi du pays. Devant lui en effet s'ouvre un débat où les deux parties plaident successivement leur cause. L'envoyé d'Eurysthée tient un langage hautain, mêlé de promesses et de menaces. lolaos, au contraire, se fait humble, comme il convient à sa situation et aux intérêts qu'il défend; il n'invoque pas seulement auprès du fils de Thésée les liens de parenté et d'amitié qui unissaient autrefois son père à Hercule ; il fait surtout appel à la générosité d'Athènes. C'est ce sentiment de l'honneur athénien qui inspire la décision de Démophon et qui lui dicte sa réponse. Il ne livrera pas les enfants d'Hercule. Devant les injonctions nouvelles du héraut, devant ses menaces réitérées, il ne faiblit pas, et quand celui-ci lui annonce qu'une armée argienne est à la frontière, prête à envahir l'Attique, il relève fièrement le défi : « Ton Argos ne me fait pas peur, dit-il... ce pays que je gouverne n'est pas sujet d' Argos; c'est un pays libre *. » Cette noble fermeté excite naturellement l'admiration d'Iolaos qui, resté seul sur la scène avec les Héraclides, exalte la générosité du roi et de son peuple. Combien ses paroles n'étaient-elles pas sensibles au cœur des Athéniens! Parmi les spectateurs de la pièce il y en avait beaucoup qui, dans les années précédentes, avaient vu l'Attique envahie, leurs champs moissonnés, leurs oliviers coupés. Ceux-là surtout

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