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3. Cett6 inscription, publiée d'abord par Koumanoudis (*AOY)vaTov V, p. 333), a été surtout étudiée par Kirchhoff, Hei^mes, XII, p. 368 (année 1877), SuppL Corp, Inscr, Att,^ n* 46/>. Elle a apporté quelques corrections utiles au texte fourni par les manuscrits de Thucydide.
récente d'Athènes et d'Argos, qu'il ait même entrepris de fortifier cette alliance en faisant remonter à un passé lointain Torigine de Tamitié de deux peuples, et en plaçant cette amitié sous la sauvegarde de la grande divinité protectrice d'Athènes.
En même temps qu'Argos devenait alliée, Thèbes restait ennemie. Aussi la pièce des Suppliantes res^ pire-t-elle la haine de Thèbes. C'était chez les Grecs, on le sait, un grand scandale que de laisser sans sépulture les soldats tombés dans la bataille. Thésée veut faire cesser ce scandale en marchant sur Thèbes, dont le roi refuse de livrer les corps des chefs argiens. Cette violation des droits des morts était de Fhistoire légendaire ; c'était aussi de l'histoire réelle et contemporaine. Quatre ans auparavant, les Thébains, vainqueurs à Délion, avaient failli commettre le même sacrilège que leurs ancêtres : aux Athéniens qui réclamaient les cadavres des leurs, ils avaient opposé d'abord le même refus que Créon *. Au moment de la représentation des Suppliantes, ils méritaient d'ailleurs plus que jamais d'être détestés, car ils avaient contracté avec Sparte une alliance qui était une menace. A la haine de Thèbes se mêle dans la pièce, par une opposition nécessaire, l'amour d'Athènes, de ses institutions et de sa politique. Le grammairien qui a fait la notice des Suppliantes dit que le sujet en est « l'éloge d'Athènes ». Il a raison. Le véritable héros de la tragédie est en effet cette glorieuse cité, « qu'on accuse de témérité, mais qui
i. Thucyd., IV, 98, 7. 101.
lance sur ses détracteurs un fier regard ; qui grandit à travers les périls, tandis que les villes plus humbles demeurent dans leur obscurité* ». En écrivant les SupplianteSy Euripide n'a pas seulement composé un drame fait pour remuer souvent les cœurs ; il a composé en même temps — ce qui ne pouvait nuire à son succès — une œuvre pati^iotique qui flattait délicieusement Torgueil national.
Faut-il pousser plus loin, dans Fétude des Suppliantes, la recherche des allusions contemporaines ? En croirons-nous un critique anglais' qui prétend avoir découvert qu'Adraste, quand il prononce Toraison funèbre des chefs argiens, fait en réalité le portrait de plusieurs hommes politiques d'Athènes? Ces portraits, si Euripide avait eu l'intention de les tracer, eussent été méconnaissables, tant la ressemblance en est peu frappante. Qui se serait douté que Capanée, Timpie Capanée foudroyé par Jupiter, cachait la figure du pieux Nicias ? Il est vrai que, dans les Suppliantes, il nous étonne un peu. Cet homme puissamment riche que sa richesse n'enorgueillit pas, qui a la modestie et la frugalité du pauvre, ce héros d'un abord facile, aimable pour tous, môme pour les serviteurs', répond mal à l'idée qu'on se fait de Capanée depuis Eschyle^ ; mais il ne répond guère
1. SuppLfZ^i, Ces paroles sont dans la bouche d'^thra, mère de Thésëo.