Plttt. Mot., p. 28' a (De aud. poeL
3. C'est ce qu'il est permis de supposer d'après uoe scène de la tragédie de Séoôque, lequel a pris vraisemblablement Euripide pour modèle. Voir la notice de M. Weil sur le premier HippolytCt dans
elle calomniait de sa propre bouche, devant Thésée, celui qu'elle n'avait pu séduire, et elle ne se donnait la mort qu'après la catastrophe d'Hippolyte, quand il n'y avait plus pour elle d'autre issue*. Cette Phèdre impudente, qui choquait le goût et le sens moral des critiques grecs', était un personnage trop odieux pour réussir au théâtre. Doit-on être surpris qu'Aristophane ait relevé impitoyablement cette erreur d'Euripide, sans vouloir se souvenir que le poète l'avait réparée plus tard, et qu'il ait à dessein confondu les deux Phèdre dans la même réprobation?
Il est une autre femme qu'Aristophane rapproche de Phèdre ^ et qui, au premier abord, semble n'avoir avec elle que peu de rapports : c'est Mélanippe. Fille d'iEolos, Mélanippe était l'héroïne de deux drames d'Euripide : l'un, qui avait pour titre MElavCirTrrj ^ta^tùtCç (la prisonnière), l'autre MeXavCiricTî V| co^r, (la sage, la philosophe). C'est l'héroïne de ce dernier drame qu'Aristophane paraît avoir eu surtout en vue. — Mélanippe était une jeune fille d'une merveilleuse beauté. Le dieu de la mer, Poséidon, s'enflamme d'amour pour elle et réussit à se faire aimer. De son union avec le dieu, Mélanippe, pendant une absence de son père, met au monde deux jumeaux. Redoutant la colère d'-^olos à son retour, sur les conseils de Poséidon, elle expose les enfants au milieu d'un
ses Sept Tragédies d'Euripide. Cf. A. Kalkmann, De Hippolyiis EuripideiSf p. 24.