Clem. Alex. Sirom.f VII, p. 841. Fragm. 266, Nauck
2. Il s'agit des trophées enlevés à l'ennemi et qui étaient sospendus dans les temples.
3. Alcidamas le rhéteur, Ulysse, p. 185. Cf. Vater, Die Aleaden d. Sophokles.
4. On peut tirer cette conclusion du fait qu'Aristophane s'en prend ezclusiyemcnt à Euripide.
5. Arist., Nuées, 1371, et Schol. Denys d'Halicamasse, Rket., IX, 11-.
tait la fable, conçut une passion malheureuse pour Tune de ses sœurs, Ganache. Longtemps il sut maîtriser ses désirs, et respecter celle qu'il aimait; mais, une nuit, égaré par le vin, il abusa d'elle*. iEolos, informé de ce malheur, envoie une épée à sa fille. Canaché comprend cet ordre tacite et se donne la mort. Macareus, qui est allé se jeter aux genoux de son père, et qui a fini par obtenir grâce pour sa sœur comme pour lui-même, court dans la chambre de la jeune fille qu'il trouve baignée dans son sang : à ce spectacle, il saisit Tépée dont Canaché s'est servi pour se tuer, et il s'en perce le cœur*. — Le pathétique violent de ce drame ne pouvait en faire oublier l'étrangelé. C'était un fait sans précédent sur la scène attique que la vue de cet amour incestueux. Aristophane a donc pu justement reprocher à Euripide le choix d'un sujet qui le forçait à étaler le spectacle révoltant d'une passion extraordinaire dont les mœurs des barbares offraient seules l'exemple ', et qui, en Grèce, passait pour une monstruosité.
En faisant un crime à Euripide de la perversité de quelques-unes de ses héroïnes, Aristophane prétend que jamais il n'a représenté sur la scène Pénélope,
i . Antiphane, parodiant sans doute une tragédie, chez Athen. X, p. 444 c.
2. C'est le récit de l'historien Sostratos (Stob., FloriL, 64, 35; cf. Plut., Mot, y p. 312 c). Il est très probable que telle était aussi la marche du drame d'Euripide, bien qu'Euripide ne soit pas nommé par Sostratos. — Un vase peint (Arch, Zeitung, 1883, taf. VII, 1 ; J. Vogel, Scenen Eurip, TragÔdien^ p. 28-33) parsdt se rapporter au sujet de cette pièce.
3. Le poète lui-même en convient, par la bouche d'Hermione {Ândrom.^ 175).
parce que Pénélope était femme vertueuse*. A l'époque où il disait cela, on n'avait encore admiré au théâtre ni TÉvadné des Phéniciennes^ ni peut-être la Laodamie du Protéstlaos. Mais Aristophane oublie volontairement une femme dont la hauteur morale dépasse de beaucoup celle de l'épouse d'Ulysse. Pénélope, qui attend son mari pendant un temps si long, qui reste inébranlablement fidèle à son souvenir et à l'espérance de le revoir, a un mérite qui n'est point à déprécier ; mais la vertu très louable qu'elle exerce est surtout une vertu de patience, ce n'est pas une vertu de sacrifice. Chez Alceste au contraire, qui meurt pour que son mari vive, le sacrifice est au-dessus de tout ce qui peut s'imaginer. Un autre personnage féminin qu'Euripide eût pu opposer aux cri tiques de son adversaire est Hélène, dans la tragédie de ce nom'. Il est si innocent du reproche de n'avoir jamais mis en scène de femme honnête, que de l'épouse adultère de Ménélas, de l'amante fameuse de Paris, de la femme la plus justement décriée de toute la Grèce, il a voulu faire une fois la femme la plus pure et la plus fidèle à son mari ; qu'il a transformé celle que, dans le Cyclope, il appelait « la femme de tout le monde », en un modèle de vertu, en une véritable Pénélope. La censure d'Aristophane peut s'appliquer à Aéropé, à Sthénébœa, àla Phèdre du premier /fi;?polyte : elle n'atteint pas les autres femmes du thé&tre d'Euripide.