Pltttarque, Morales, p. 736 c
3. M. Mahaffy (Greek Poels, p. 324) imagine que les acteurs « devaient avoir quelque signe conventionnel pour exprimer les pensées du poète, signe qui les rendait claires pour le public, mais qui est perdu poumons ». Cette supposition est du domaine delà fantaisie.
t-il pas en conclure que cette idée lui est chère? Un autre critérium est ce que nous savons du caractère et de la situation de chacun des personnages dramatiques. Bellérophon pourra blasphémer les dieux sans qu'Euripide soit plus responsable de ses blasphèmes que ne Tétait Eschyle des malédictions lancées contre Jupiter par Prométhée ; car Bellérophon est, diaprés la donnée même de la fable, et comme Prométhée, un impie. Mais que Mélanippe, qui est une femme et une jeune fille, disserte longuement et savamment sur les origines du monde, ce n'est pas elle, sans aucun doute, mais Euripide qui parle. « Il est bien certain, dit Bayle*, que l'auteur d'une tragédie ne doit point passer pour croire tous les sentiments qu'il étale; mais il y a des affectations qui découvrent ce qu'on doit mettre sur son compte. » Ce sont ces affectations^ dont quelques-unes ont été signalées dès l'antiquité*, que nous essaierons de mettre en relief.
Lez Philosophes. — Critique de la tradition qui fait d'Euripide un disciple d*Anaxagore. — J)ans quelle mesure il a pu subir son influence.
L'esprit critique chez Euripide n'est souvent autre chose que l'esprit philosophique, qui se dissimule si