‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 216 sur 341 · Tatien {Orat, ad, Grafc, 24, p. 100), qui nomme Euripide · texte numérisé non relu

Tatien {Orat, ad, Grafc, 24, p. 100), qui nomme Euripide

donne sa fille en mariage. Alcmœon fait cadeau du collier de sa mère Ériphyle à sa jeune épouse, auprès de laquelle il espère avoir enfin trouvé le repos. Mais les dieux ne sont pas encore apaisés. Alcmœon ne tarde pas à être repris de son mal, et le pays d'Arcadie, où il s'est réfugié, est frappé, à cause de lui, de stérilité. La Pythie consultée répond que le meurtrier doit quitter TArcadie, et qu'il ne cessera d'être poursuivi par TÉrinys vengeresse que sur une terre nouvellement sortie des eaux. Alcmœon, après avoir longtemps erré, arrive enfin aux atterrissements formés par les bouches de TAchéloos, où il s'établit et où il épouse la fille du fleuve. Celle-ci déclare à son mari qu'elle n'habitera pas avec lui s'il ne lui donne le collier d'Ériphyle. Pour satisfaire le caprice de sa nouvelle femme, Alcmœon ira reprendre le cadeau qu'il avait fait à la première. Il retourne à Psophis et annonce faussement au roi qu'Apollon lui promet sa guérison, à la condition que le collier d'Ériphyle soit consacré dans le sanctuaire de Delphes . Phègeus ajoute foi à ses paroles et lui donne le collier. Mais Alcmaeon est trahi par un esclave, qui révèle au roi ses véritables intentions : bientôt il tombe dans une embuscade qui lui a été tendue par les fils de Phègeus, et il y périt ^ Telle était la fable de \ Alcmœon à Psophis. Que d'aventures dans cette fable ! Et combien on est loin de l'action simple, presque élémentaire, des Euménides d'Eschyle!

La fable de Mélanippe enchaînée est encore plus

1. ApoUod., m, 7, 5. Pausan., VIII, 24, 8-10. Le récit d'Hygin, Fab,^ 73, ne contient que le» antécédents do Faction dramatique.

riche en événements ; c'est un véritable roman. Ce roman fait suite à Thistoire de Mélanippe la philosophe y que nous avons précédemment analysée \ Le vieux roi Jilolos, pour punir sa fille de la faute qu'elle a commise, lui a fait crever les yeux et Fa enfermée. En même temps il lui a enlevé ses enfants et il a ordonné qu'ils soient exposés dans la campagne, où ils deviendront la pâture des bêtes fauves. Les fils de Poséidon échappent aux dangers qui les menaçaient : ils sont allaités par une vache et recueillis par des bergers. Quelque temps après, une reine du nom de Théano, que son époux Métapontos voulait répudier parce qu'elle n'avait pas d'enfant, se fait apporter les deux jumeaux, qu'elle donne comme siens, et elle les élève. Mais plus tard Théano devient enfin mëre de deux enfants. Quand ils ont grandi, elle ne veut pas que l'héritage de la royauté soit assuré à des étrangers au détriment de ses vrais fils. Elle révèle donc un jour à ceux-ci que les enfants avec qui ils ont été élevés ne sont pas leurç frères, et elle les engage à se débarrasser d'eux, en les tuant dans une partie de chasse. Une lutte s'engage entre les fils de Théano et les fils de Mélanippe ; mais ce sont ces derniers qui ont l'avantage. Ils frappent mortellement leurs adversaires, dont on rapporte les cadavres au palais*. A cette vue, Théano, désespérée, se perce le cœur d'un couteau de chasse. Cependant les deux

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