‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 221 sur 341 · Electre · texte numérisé non relu

Electre

ses traits, qui doivent être bien changés, qu'à la cicatrice d'une blessure que l'enfant s'est faite jadis au visage, près des sourcils. Mais l'heureuse découverte n'éclate pas soudain. Le vieillard, dont les souvenirs ne se précisent que par degrés, commence par tourner autour du jeune homme, par l'examiner avec une attention curieuse et persistante dont celui-ci est importuné, et, quand il est sûr de ne pas se tromper, il essaie de préparer Electre à l'impression qu'elle va ressentir. « Electre, noble fille, prie les dieux. » Celle-ci demandant une explication : c< Prieles, ajoute-il, de te donner le cher trésor qu'ils te révèlent. » Electre est intriguée, mais ne comprend pas encore. Le vieillard insiste : « Regarde donc, mon enfant, regarde cet homme, le plus cher des mortels. » Et comme la jeune fille craint que le vieux serviteur ne soit pas dans son bon sens, celui-ci laisse enfin échapper les mots que le spectateur attend : « Voilà Oreste, le fils d'Agamemnon », et il porte le dernier coup à l'incrédulité d'Electre en lui faisant remarquer la cicatrice dont est marqué le visage de son frère *. — Ce mode de reconnaissance valait mieux que celui des Choéphores; mais c'était là une mince satisfaction pour Euripide condamné, dans tout le reste du drame, à rappeler, sans pouvoir l'égaler *, le pathétique puissant d'Eschyle.

Dans r/on, la reconnaissance s'opère plus lentement

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