Ion
pie qu'il en donne dans le théâtre d'Euripide est tiré de Vlphigénie en Tauride^.
Qu'Iphigénie, mise en présence de prisonniers qui sont des Grecs, s'intéresse à leur sort, et, quand elle apprend qu'ils viennent de Mycènes, qu'elle leur pose des questions au sujet des siens, il n'y a là rien qui ne soit très vraisemblable. La proposition qu'elle leur fait ensuite n'est pas moins naturelle : elle promet de sauver la vie à celui des deux jeunes gens qui se chargera d'un message qu'elle veut envoyer à Argos. Ce message sera le moyen de reconnaissance, et Ton sait avec quel art ingénieux ce moyen est employé. Quand Iphigénie revient sur la scène, ses tablettes à la main, elle fait jurer à Pylade, que son ami n'a pas voulu laisser mourir à sa place, de remettre sa lettre, non point à Oreste, mais, d'une façon vague, « à ses amis ». Si Iphigénie eût prononcé le nom de son frère, cela n'aurait point suffi pour produire immédiatement la reconnaissance. Les deux jeunes gens eussent été saisis d'un vif étonnement; ils n'auraient pas compris tout de suite qu'ils avaient devant eux Iphigénie, puisqu'ils la croient morte, immolée à Aulis. Il fallait donc qu'Iphigénie se nommât en même temps qu'cUe nommait Oreste et qu'elle fournît des explications. Voici comment le poète a pourvu à cette nécessité. Pylade, après avoir prêté serment de s'acquitter de sa mission, fait cette observation qu'il peut arriver malheur â son navire, et qu'alors la lettre disparaîtrait dans les flots, dans le