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de la situation délicate où il est vis à vis de Creuse,
a imaginé de faire adopter par le mari de celle-ci
Tenfant qui est le sien. « La première personne que
tu rencontreras en sortant du temple, a dit Toracle
à Xouthos, sera ton fils. » Et Xouthos, tout surpris
qu'il est, n'hésite cependant pas, pour obéir au dieu,
à donner au jeune Ion, qui s'offre le premier à ses
regards, le nom de fils. S'il était réellement le père
de l'enfant, la scène pourrait être touchante. Mais,
comme Xouthos n'est pas le père, mais seulement
le mari de la mère, et comme il joue dans la pièce un
rôle de dupe qui, bien que le dupeur soit un dieu, le
rend un peu ridicule, cette scène provoque seulement
une douce et légère gaité. Comment ne pas s'amuser
aux dépens de Xouthos et de sa simplicité d'esprit?
Contrairement à ce qu'on attendait, c'est le jeune
homme, c'est Ion, qui dans cette affaire est perspicace
ou tout au moins curieux, et c'est l'homme mûr,
c'est Xouthos qui ne l'est point. Ion ne se contente
pas de cette découverte qu'il a un père dont il ne se
doutait guère; il veut savoir surtout quelle est sa
mère et comment il est venu au monde. Xouthos,
lui, ne sait rien, se perd là-dessus en conjectures peu
édifiantes, et parait enfin se préoccuper si peu de la
question, qu'on s'égaie de cette naïveté, très voisine
des limites de la sottise ^ Xouthos du reste n'est pas
un héros du noble pays de l'Attique : c'est un Achéen,
un étranger entré par un mariage dans une famille
athénienne; on peut rire de lui.