‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 256 sur 341 · Iphig, en Taur · texte numérisé non relu

Iphig, en Taur

Ménélas de l'autre, qui lui donnera en mariage sa fille Hermione, tandis que Pylade sera le mari d'Electre *. Jamais changement à vue ne s'est opéré plus rapidement; jamais situation, plus inextricable d'apparence, n'a été plus facilement et plus inopinément résolue. La divinité remplit ici un office qu'elle n'a nulle part ailleurs : celui de tirer d'em> barras un poète dramatique en quête d'un dénouement.

Rien de semblable dans la tragédie des BacchmUeSy une des dernières qu'Euripide ait composées. A la fin de cette tragédie, l'apparition de Bacchus sous sa forme divine n'a rien qui puisse étonner, puisque le même dieu s'est déjà montré, au commencement et dans le courant de la pièce, sous la forme humaine d'un prêtre lydien. Absent ou présent d'ailleurs, il est le personnage principal, mieux encore, celui qui fait naître tous les événements et qui en précipite le cours. C'est lui qui, pour établir son culte en Béotie, frappe de délire les femmes thébaines et les entraine dans la montagne; lui qui renverse le palais de Pen> . thée ; lui qui tend un piège au roi en l'invitant à venir surprendre les Bacchantes dans le Githéron ; lui qui égare la raison d'Agave jusqu'à lui faire mettre en pièces le corps de son fils. Les personnages ne s'appartiennent pas à eux-mêmes : ils sont entre les mains de Bacchus, qui les mène où il veut. Quand cette terrible action a pris fin, on attend donc celui qui en est l'auteur. Le dieu n'apparaît pas seulement

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