Ihid, 84. Cf. Pausan., VIII
4. Plus tard, on dira qu'au moment de la bataille de Leuctres, Hercule se servit des armes de son temple pour prendre part à la lutte (Xénoph.. Hist. Gr„ VI, 4, 7).
poète n'appartiennent-ils pas à cet âge héroïque oh les hommes ne s'étonnent point que les dieux se mêlent de leurs affaires, parce que di^ux et hommes sont encore de la même famille? Les apparitions divines au théâtre sont donc conformes à la vérité poétique du passé légendaire de la Grèce. Au temps d'Euripide, éprouvait-on un grand saisissement à ce spectacle ? L'émotion du public d'Eschyle avait été beaucoup plus forte quand, dans la Psychostasie y le ihéologéion^ comme un coin de l'Olympe entr'ouvert, avait laissé apercevoir Jupiter trônant dans sa majesté, ayant à sa droite Thétis, à sa gauche l'Aurore, qui imploraient chacune le maître des dieux pour la vie de leur fils*. Mais si l'impression religieuse des apparitions célestes s'était affaiblie par l'habitude et par l'effet des progrès de l'esprit critique, peut-être ne s'était-elle pas complètement effacée. Ceux-là même pour qui ce merveilleux était une pure convention y prenaient encore plaisir, comme à la contemplation d'une féerie qu'on aime à regarder, sachant ce qu'elle est ; cette convention ne leur déplaisait pas.
Euripide s'est proposé par là encore autre chose, qui est de donner à la curiosité des spectateurs ime satisfaction aussi pleine et aussi complète que possible, en leur faisant suivre au delà des limites du drame et dans le plus lointain avenir le sort des personnages auxquels ils se sont intéressés. A voir comme ces épilogues se multiplient dans les dernières années d'Euripide et l'imitation qu en fait Sophocle,
1. Plut., De aud, poet., 2. Schol. A., lUade, VIII, 70. Pollux, Onom., IV, 130.
on peut être assuré qu'ils ont eu la faveur du public. Aristote, de son c6té, qui considère comme légitime l'emploi de lennachine « pour tout ce qui est en dehors de l'action » *, c'est-à-dire pour les événements qui doivent la suivre comme pour ceux qui l'ont précédée, ne parait nullement condamner cette combinaison dramatique, qui n'est un artifice et un expédient qu'au jugement de la critique moderne.
Le Prologue.
Le poète ne s'est pas mieux enfermé, au commencement qu'à la fin de ses pièces, dans les bornes précises de l'action. Par l'épilogue, il fait pénétrer le spectateur dans l'avenir ; par le prologue, il le fait remonter, souvent très haut, dans le passé. Une action dramatique se rattache toujours, il est vrai, à des événements antérieurs qui expliquent la situation des personnages au moment où elle commence, et aucune tragédie ne peut se passer d'exposition. Mais l'exposition affecte chez Euripide une forme qu'elle n'a nulle part ailleurs. Cette forme est si particulière, que le mot prologue appliqué à son théâtre a une signification spéciale. Tandis que, d'après la définition d'Aristote', le prologos est « la partie entière
1. Poétique t XV, 1454 ô, Aristoto ne condamne que remploi de la machine dans la Médée, parce que cette machine sert au dénouement de la pièce.