‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 27 sur 341 · Orette, v. 982 et suiy · texte numérisé non relu

Orette, v. 982 et suiy

5. Olymp,, I, T. 57, 59; ïathm., VH, 9, 10. Cf.Eurip. Oreste^ 6-7.

les airs, ayant au-dessus de la tête une roche énorme dont il tremble sans cesse d'être écrasé. Cette explication simple n'a cependant satisfait ni le scholiaste de Pindare, ni celui d'Euripide, ni quelques critiques modernes qui ont trop écouté les scholiastes. Partis de cette idée traditionnelle qu'Euripide a été le disciple d'Anaxagore, les commentateurs ont gratuitement prêté au poète une interprétation naturaliste de la légende ; ils ont imaginé que, par la pierre de Tantale, l'auteur à'Oreste a voulu désigner le soleil*. Mais combien de raisons s'opposent à ce que telle ait été la pensée d'Euripide ! Comment admettre que, pour lui, le soleil fût attaché par de longues chaînes à l'Olympe? Et comment le soleil, qui, chaque jour, parcourt régulièrement sa carrière, pouvait-il être conçu comme étant à la merci du vent et des tourbillons? Car c'est bien des tourbillons de vent qu'il s'agit, et non, comme le veut Paley ■, du mouvement de rotation du système céleste. Enfin et surtout, ni chez Pindare, ni chez Euripide, la pierre de Tantale n'est une pierre incandescente, ce qui serait essentiel pour qu'on y reconnût le soleil d'Anaxagore. La pierre solaire du philosophe et la pierre de Tantale décrite par le poète n'ont donc rien de commun, pas même le nom '.

Suivant d'autres témoignages, Euripide avait qualifié le soleil de « masse dorée » (xp^^^^* P^T^oç), ce qui

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