C'est le troisième stasimon^ v
raient inquiéter le chœur au sujet du mari d'Hermione. Le chœur ne s'inquiète point : la fausse situation d'Hermione à Tégard de son époux lui parait être seulement une des conséquences, entre beaucoup d'autres, de la guerre de Troie, qui a tout bouleversé, dans le monde et dans les familles. Il se met ainsi à Taise pour déplorer, sous une forme nouvelle, les calamités sans nombre de cette guerre fatale \ Quelques instants après, délivré de la frayeur qu'il avait de Ménélas et de sa fille, il ne craint pas de compatir à la douleur de Pelée, qui pleure devant le cadavre de Néoptolème. Mais cette audace est toute nouvelle. Jusque-là, il a poussé la réserve presque aux limites de l'indifférence ; il s'est désintéressé, ou il a laissé croire qu'il se désintéressait de ce qui se passait sous ses yeux.
Voilà donc deux tragédies, les Suppliantes et Andromaqtie^ où le chœur se ressemble aussi peu qu'il est possible : là, intimement mêlé au drame, qui n'a sa raison d'être qu'en lui; ici, spectateur à peine ému, et souvent distrait, de l'action. Qui ne voudrait considérer que l'une ou que l'autre de ces deux pièces aboutirait, sur la question posée, à des conclusions exactement contraires, puisque la première donne tort à l'opinion commune avec autant d'évidence et de force que la seconde lui donne raison. Il reste heureusement assez d'autres tragédies d'Euripide pour nous permettre d'échapper à cette alternative.