‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 277 sur 341 · Dexaième stasimorij t · texte numérisé non relu

Dexaième stasimorij t

les dieux sur le Pélion*. En entendant Iphigénie faire ses adieux à la lumière, en la voyant marcher résolument à la mort, éprouveront-elles plus d'énaotion? Non. Ce qui les touche uniquement en cette circonstance, c'est l'intérêt de la Grèce, c'est la gloire désormais assurée d'Agamemnon. Elles n'ont point de larmes pour cette héroïque enfant : leur âme, comme celle des vieillards de YAntigone en une situation analogue, est fermée à la pitié. Dira-t-on que c'est là une faute du poète, et qu'il y a été entraîné pour avoir mal choisi les personnes dont il a formé son chœur? Mais la critique qu'on ferait ici d'Euripide atteindrait également Sophocle. Cette dure indilTérence des choreutes, au moment le plus poignant du drame*, semble avoir été voulue par les deux poètes : en enlevant à leur héroïne qui va mourir de vulgaires sympathies, ils la mettent dans un isolement qui la grandit. Si l'émotion, en cet instant, ne vient pas de l'orchestre, elle est dans le théâtre, elle court à travers les rangs du public. La situation d'Iphigénie, comme celle d'Antigone, est telle que des chants lyriques ne serviraient pas à en augmenter l'effet. En se désintéressant de la mort dlphigénie, les choreutes sont d'ailleurs fidèles au rôle que le poète leur a donné, dès le début de la pièce.

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