lor stasimon; 807-843, 2» siaHmon
5. On en trouve un autre exemple dans le Philoclèle de Sophocle, où le second sUuimon est remplacé par un commo$, 827-864.
prédominance du dialogue lyrique sur les chants d'ensemble donne au chœur d' Oreste un caractère des plus dramatiques. Reprochera-t-on cependant au poète le développement du second stasimon où, à côté de ridée rebattue des fatalités qui pèsent sur la maison des Atrides, est vivement exprimée l'horreur du crime d'Oreste? Ce développement se rattache au sujet de la pièce ; il se rattache mal, on doit le reconnaître, à la scène qui précède, où Ton a vu Pylade accourir pour se mettre au service de son ami. Mais Sophocle fournirait plusieurs exemples analogues. Ce stasimon d'ailleurs est si court que la suite du drame en est à peine interrompue. Cette exception à part, le chœur d' Oreste agit et parle comme pourrait le faire un personnage secondaire. Or, cette pièce où le chœur est si bien lié à l'action a été écrite peu de temps avant Ylphigénie à Atilis, où le chœur en est si détaché ; trois ans seulement la séparent de la mort du poète.
La pièce des Phéniciennes' y très peu antérieure à VOrestey est de nature à faire renaître les perplexités d'un critique qui serait en quête d'une formule pour définir le rôle du chœur euripidécn. Les jeunes filles des Phéniciennes sont encore plus étrangères au drame que les femmes de Ylphigénie^ puisque ce sont des Tyriennes qu'une circonstance arbitrairement choisie parle poète a amenées de bien loin dans les murs de Thèbes. Il est vrai que Tyrîens et Thébains, si Ton remonte aux origines, sont un peu parents, par Cadmus. Mais cela suffit-il pour que ces vierges prennent parti dans la querelle d'Étéocle et
de Polynice, ou simplement pour qu'elles partagent les angoisses de Jocaste? Le poète a bien essayé d'amuser les regards du public par le spectacle de leur costume, qui n'était pas celui des femmes grecques, par leur attitude, qui est celle de l'adoration asiatique, quand elles se prosternent devant Polynice à son entrée en scène ^ ; mais ces détails accessoires ne pouvaient faire oublier le vice capital de la conception de ce chœur. Jeunes filles craintives, elles s'épouvantent sans doute de la guerre; elles tremblent à la pensée de « cette nuée de boucliers qui enveloppe la ville » ; mais elles ne peuvent exprimer ce sentiment avec autant d'énergie et d'insistance qu'elles le feraient si Thèbes était pour elles une patrie. L'altercation violente des deux frères, dont elles sont témoins, ne les trouble point. Aussitôt après, elles chantent, sur un rythme doux et calme, comment Cadmus a fondé Thèbes au milieu d'une région verdoyante où est né Bacchus et où se célèbrent ses fêtes ; comment a été tué l'antique dragon et de ses dents sont nés des gens armés; et elles prient Kpaphos, fils d'Io, d'envoyer au secours des Thébains des divinités protectrices*. Le départ d'Étéocle, qui va tenir tête à son frère, et le dévouement de Ménoikeus ne les émeuvent guère plus. Leur imagination, que le présent n'est pas assez fort pour retenir, s'élance d'un vol rapide dans le passé, et ne cesse de s'égarer dans le domaine de l'histoire légendaire de Thèbes, dont aucun détail ne leur