‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 289 sur 341 · Patin, Tragiques grecs, llï, p. 335, 3« ëdit · texte numérisé non relu

Patin, Tragiques grecs, llï, p. 335, 3« ëdit

5. La parodos seule renferme une digression, alors que le chœur indique, parmi les pays qu*il préférerait habiter, étant arraché à Troie, la yallce du Pénée. la Sicile et la Grande-Grèce, y. 214-229. Cette digression s'explique par les préoccupations politiques des Athéniens à cette date (415).

458 L'ART DRxVMATIQUE CHEZ EURIPIDE.

Les jeunes Grecques du chœur de VIphigénie en Tauride n'ont rien qui les puisse distraire d'une action dont elles sont les témoins, les confidentes et même les complices. Servantes dlphigénie, étroitement unies à leur maîtresse par raflection et par le rapprochement d'une vie commune loin de la patrie, sur une terre barbare, elles ne sont pas seulement discrètes et fidèles, mais dévouées sans arrière-pensée et jusqu'à l'imprudence. En donnant de fausses indications au messager qui court avertir le roi de l'évasion des prisonniers S elles s'exposent à la vengeance de Thoas. Dès qu'elles ont été initiées au complot, elles n'ont d'autre préoccupation que d'en espérer le succès, bien que ce succès doive les condamner, elles le croient, à rester séparées d'Iphigénie. Le sujet de leurs chants sera donc celui même du drame. Leur parodos est un dialogue lyrique qui se partage entre elles et Iphigénie, et où elles expriment les mêmes sentiments que leur maîtresse : le regret de la patrie perdue, le souvenir des malheurs de la famille d'Agamemnon, le deuil de la mort supposée d'Oreste. Les deux premiers stasima sont aussi bien en situation qu'il est possible, puisque, dans l'un, le chœur, à la vue d'Oreste et de Pylade, se demande qui peuvent être ces Grecs venus en Tauride, par quel miracle ils ont franchi les rochers des Symplégades; et que, dans le second, mises au courant de tous les préparatifs de l'évasion, elles envient le bonheur d'Iphigénie, qu'elles voudraient pouvoir suivre,

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