‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 290 sur 341 · Vers · texte numérisé non relu

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en volant, à travers les mers, jusqu'à la terre de Grèce et jusqu'au seuil de la maison paternelle. Quant au troisième stasimon^ qui est un chant en l'honneur d'Apollon et qui raconte comment le dieu-prophète a pris jadis possession de l'oracle de Delphes *, il surprend de prime abord ; mais ce hors-d'œuvre apparent a sa raison d'être dans les nécessités de la pièce. C'est l'heure où Iphigénie se prépare à partir, avec Oreste et Pyfede, en enlevant l'idole d'Artémis : l'entreprise est difficile et dangereuse ; elle ne peut réussir que si rien ne transpire. Le chœur oserait-il, en cet instant critique, exprimer publiquement des inquiétudes ou des vœux qui auraient trait à la situation? Le roi sans doute n'est pas là pour les entendre, mais il est dans le temple dont on voit la porte au fond de la scène, et à chaque instant cette porte peut s'ouvrir. S'il ne veut éveiller les soupçons de Thoas, le chœur doit donc parler d'autre chose que de ce qui, en réalité, le préoccupe. De là cet éloge peu compromettant d'Apollon; éloge dont Thoas, s'il apparaissait brusquement, ne comprendrait pas la portée, mais que le spectateur, à la condition qu'il soit réfléchi, s'explique. C'est en effet l'oracle de Delphes qui a conduit Oreste en Tauride, et ainsi Oreste, au moment même où il se croyait perdu, est sauvé. Le dieu qui a veillé au dénouement de cette aventure est bien digne d'être chanté, et la véracité de ses oracles mérite d'être exaltée. Le chœur de Y Iphigénie en Tauride^û Ton admet cette explication, n'a donc à se reprocher aucune digression superflue.

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