Troisième ^/a^'mon
Celui de T/on, dont Tentrée dans l'orchestre n'est pas | assez motivée, s'amuse peut-être un peu trop curieu- | sèment, comme pourrait le faire un groupe de tou- i ristes, à regarder et à admirer la frise du temple de i Delphes ' ; mais, une fois que l'action s'engage, il lui ' appartient tout entier. Créiise a dans ces femmes des servantes qui sont absolument dévouées, comme leurs pareilles en général, aux intérêts de leur maîtresse. Tout d'abord elles essaient de l'assister dans sa démarche, en invoquant Athèna et Artémis, sœurs d'Apollon, et en les suppliant d'intercéder auprès de leur frère pour qu'il accorde à la race d'Érechthée une heureuse postérité. La singulière réponse du dieu, en les frappant de stupeur, les inquiète et les fait trembler pour Creuse, dont elles se représentent la douleur quand elle se trouvera en présence d'un fils qui n'est pas le sien, mais celui de son mari. Ce sont elles pourtant qui devront lui annoncer la cruelle nouvelle, et les ménagements qu'elles y apporteront ne réussiront pas à en adoucir l'amertume. L'indignation qu'elles ressentent les entraînera facilement à approuver les projets de vengeance de leur maitresse, et même à comploter avec elle. Ce fils dont Apollon vient de faire si inopinément cadeau à Xouthos, elles le maudissent et souhaitent ardemment sa perte : non pas uniquement parce qu'elles aiment Creuse, mais parce que, étant Athéniennes, elles voudraient empêcher un étranger, un intrus, d'entrer par surprise dans la famille royale de l'Atlique,
i. Parodoê, 184-218.
et que, étant femmes, Tadultëre dont elles croient que cet enfant est le fruit, les révolte. Gomme elles se sont compromises avec Gréûse, quand tout est découvert, répouvante les saisit, et les angoisses qu'elles éprouvent pour elles-mêmes ne sont pas moins fortes que le désespoir dont les accable la condamnation à mort de leur maltresse. Le chœur de ïlon est donc un de ceux qui ne se séparent pas du personnage principal, dont il sert les volontés et dont il partage les émotions.
Il n'en est pas autrement du chœur A'Bélène, de ces jeunes captives grecques qui, tour à tour, pleurent avec la femme de Ménélas, la consolent ou Tassistent, qui même lui prêtent une aide efficace, puisqu'elles la décident à ne point croire à la nouvelle de la mort de son mari, et à pénétrer avec elles dans le palais égyptien pour y consulter la prophètesse Théonoé*. De même qu'en rentrant', elles proclament avec satisfaction l'oracle annonçant que Ménélas est vivant, de même au dénouement, leurs adieux et leurs souhaits émus accompagnent le vaisseau qui emporte vers la patrie grecque l'exilée désormais réunie à son époux'. Ces jeunes filles sont donc uniquement préoccupées de la personne d'Hélène. On n'en est que plus surpris d'entendre sortir de leur bouche un chant * dont on cherche vainement le rapport avec les choses du drame.Pourquoi évoquent-elles l'image de Dèmèter courant, par monts