‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 32 sur 341 · Fi*agm. 593 (Clem. Alex., Strom,^ V, p · texte numérisé non relu

Fi*agm. 593 (Clem. Alex., Strom,^ V, p

3. Fragment cité du Chrysippos, ▼. 12-14. Euripide emploie, comme Anaxagore, le verbe 8taxptvi<r0at pour désigner le mouvement de réparation des molécules des corps.

4. Denvs d'Halic, RhéL, IX, 11. Cf. Plutarque,, Vie de Périciès, VI, 2-3.

ment, on n'en doit pas moins reconnaitre qu'il s'est inspiré de lui et de son esprit. Cette influence générale exercée sur le poète par le philosophe peut expliquer l'assertion trop absolue des critiques grecs* qu*Euripide est de l'école d'Ânaxagore. Si Euripide fut un disciple, ce fut un disciple indépendant, qui ne s'asservit jamais à l'enseignement du maître, et qui apprit surtout de lui à fixer sur la nature et sur les hommes un regard libre et pénétrant.

Jtelations probables d'EuHpide avec Socrate, — // n'est point cependant un socratique,

Euripide fréquenta peut-être également Socrate. Entre le novateur du théâtre et celui de la philosophie, il y avait une sorte de parenté intellectuelle dont les Grecs furent si frappés qu'ils cherchèrent à en donner des preuves. Élien raconte que Socrate, qui allait rarement au théâtre, ne manquait pas de s'y rendre, fallût-il descendre jusqu'au Pirée, quand

i. Wilamowitz-Mœllendorif est le premier, à notre connaissance, qui ait mis en doute cette tradition, dans ses Analecta Euripidea (p. 163-165) publiés en 1873. Bergk {Griech, Literat,, III, 469-470) s'est montré aussi sceptique que lui, mais sans donner toutes les raisons de ses doutes. — Nous aYons modifié, après réflexion, les conclusions, peut-être excessives, d'un travail sur Euripide et Anaxagore {Revue des études grecques, t. II, p. 234 et suiv.), dont les pages qui précèdent ne sont, à part quelques corrections de détail, que la reproduction.

Euripide faisait jouer une pièce nouvelle, tant il prenait de plaisir à sa « sagesse » — entendez son esprit philosophique — et au mérite de sa poésie*. Les comiques contemporains ont transformé ces rapports en une liaison étroite : ils prétendaient même que Socrate collaborait aux pièces d'Euripide. « C'est lui, disait un personnage des Nuées *, qui compose pour Euripide ces tragédies bavardes, ces tragédies de sophistes. » Dans une comédie de Callias, un personnage d'Euripide assurait qu'il avait le droit d'être fier, ayant Socrate pour auteur'. Télécleidès, faisant un jeu de mots sur les Phrygiens du poète, disait : « Voici Mnésilochos qui cuisine (cpp^^yet) un drame nouveau d'Euripide, et Socrate met le fagot sous la marmite*. » Mais que signifient ces témoignages, sinon qu'aux yeux des poètes comiques Euripide et Socrate ont le même esprit? En cela sans doute ils ne se trompaient pas entièrement, mais ils exagéraient l'affinité de ces deux hommes, puisqu'en philosophie Euripide avait du goût pour les recherches physiques, dont ne voulait pas Socrate, et qu'en religion il ébranlait la foi populaire, que celui-ci respectait. L'influence du phi-

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