Dans le premier «/d^imon
« Hélas, hélas! déesses à la course rapide, ailées, déesses du délire dont la troupe échevelée n'a rien de celle de fiacchus, mais qui cause, tel est son partage, les larmes et les gémissements, noires Euménides qui fendez les airs en déployant vos larges ailes, pour tirer vengeance du sang répandu, pour punir le meurtre, je vous en supplie, ah ! je vous en supplie, laissez le fils d'Agamemnon oublier les transports de sa fureur* .»
Il arrive encore qu'avant une péripétie ou une catastrophe, le chœur qui, grâce à sa situation de témoin constant du drame, connaît l'événement qui va éclater, se le représente, à l'heure même où il éclate, avec une telle vivacité qu'on croit l'avoir sous les yeux et qu'on en est déjà troublé. C'est au moment où, derrière la scène, la fille de Créon revêt les tissus empoisonnés envoyés par Médée que, près de la scène, le chœur chante : « Elle recevra le diadème d'or, elle le recevra, l'épouse infortunée, pour sa perte : sur sa blonde chevelure elle va poser ces ornements de mort que tiennent ses mains. Séduite par la beauté, par l'éclat merveilleux de ces tissus, de cette couronne d'or, elle se laissera aller à les porter; mais c'est pour habiter chez Hadès qu'elle revêtira cette parure nuptiale. Voilà dans quel filet elle tombera, telle est la mort qui l'attend, la malheureuse. Elle n'échappera point à ce cruel destin* .» Le messager, quand il viendra, ajoutera à l'impression produite par ces paroles celle que provoqueront, avec plus d'énergie,