‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 315 sur 341 · Oreste, 316-327, Wcil · texte numérisé non relu

Oreste, 316-327, Wcil

les détails poignants de la réalité; mais TaiTreuse scène qu'il décrira avait été déjà pressentie et imaginée, dans son ensemble, par le chœur. De même, dans r/ow, où Tévénement est d'une autre nature, les servantes de Creuse se figurent par avance les larmes et les gémissements de leur maltresse, quand elle va apprendre l'existence d'un fils de son mari, et elles sont bouleversées de sa douleur*. Est-il nécessaire de produire d'autres exemples pour montrer que, si l'émotion dramatique n'est pas répandue dans tous les stasima des chœurs d'Euripide, elle se développe au moins dans plusieurs?

Ce qui domine pourtant dans ce genre de morceaux, c'est l'élément descriptif. Que le chœur de l'/on s'extasie devant les merveilles artistiques de la frise du temple de Delphes, que celui dUphigénie à Aulis raconte tout au long ce qu'il a vu en passant devant le camp des Grecs, ce sont là, si l'on veut, de purs babillages où le poète semble s'être amusé à donner une image fidèle de la vaine curiosité des femmes. Mais ces chants sont des parodoi, circonstance qui atténue leurs défauts, et l'on n'en peut citer d'autres du même caractère. Les descriptions lyriques d'Euripide n'ont, généralement, rien d'oiseux ni de futil, et plusieurs sont d'un charme et d'un éclat incomparables. Ce qui les inspire et les anime surtout, ce sont les mythes, ces riantes ou sombres légendes du passé que les situations dramatiques rappellent sans cesse à l'esprit du poète tra-

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