‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 317 sur 341 · HippolyU · texte numérisé non relu

HippolyU

eaux vertes' » dont la limpidité reflète la couleur de leurs rives ; en sorte qu'on imagine volontiers qu'Euripide s'est promené dans la campagne thébaine, que ses yeux se sont reposés à contempler les bords verdoyants de Dircé et de Tlsménos, ou à plonger dans les claires profondeurs de leur courant. La fable du jugement de Paris sur l'Ida n'est pas non plus séparée par lui de son cadre : les trois déesses ne lui font pas oublier la montagne et ses sources glacées, et sa noire chevelure de forêts, et le lierre qui y court autour du tronc des arbres, et les troupeaux épars qui, aux sons du chalumeau rustique, paissent vers les sommets^ Les mythes qu'il rencontre sur son chemin lui sont donc autant d'occasions de tableaux qui, pour n'être que de rapides ébauches, nous ouvrent cependant d'agréables échappées sur cette nature terrestre qu'Eschyle nous montre à peine derrière ses héros ou ses dieux, et qui n'apparaît qu'une fois chez Sophocle ^ La mer qui enveloppe et pénètre les cdtes de Grèce, qui s'aperçoit de tous les sommets, qui est la route de tous les voyages, la mer, tour à tour douce ou terrible à l'homme, devait, par ses séductions comme par ses colères, suggérer plus d'une image à la poésie chorale. Pour Sophocle cependant, elle est moins un objet de description qu'un terme de comparaison. Le sort d'Hercule rappelle au chœur l'agitation des flots sous le souffle des vents ; le malheur d'OEdipe éveille l'idée d'une côte rocheuse battue de

i. Phéniciennes, 659, pùOps xkfitpéL. Cf. 645-48; 826.

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