‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 318 sur 341 · Androm. 284-86; Troyennes, 1065 ot suiv. Iphig. A · texte numérisé non relu

Androm. 284-86; Troyennes, 1065 ot suiv. Iphig. A

3. Dans le chœur célèbre d' Œdipe à Colone, 670-678 ; 681-691.

la tempête ; les calamités qui viennent assaillir les familles sont assimilées aux vagues gonflées et furieuses qui se brisent avec fracas contre le rivage*. Le poète n est donc frappé du spectacle de la mer qu en raison des analogies que ce spectacle présente avec la vie humaine. Euripide au contraire la décrit quelquefois pour elle-même : elle lui inspire surtout des images douces, d'un gracieux éclat, et ce qu'il excelle à peindre c'est la mer souriante, animée, peuplée de ses habitants : les dauphins, attirés par le son de la fliïte, bondissant autour du navire; les Néréides dansant en cadence près du rivage ; Galanéia, la nymphe aux yeux bleus, dont la voix invite les marins à ouvrir leurs voiles au moindre souffle et à saisir leurs rames ». Les chœurs d'Euripide invoquent encore comme des personnes, et la brise marine qui pousse sur les vagues la course des vaisseaux, et l'alcyon qui, près des falaises escarpées, gémit sa plainte douloureuse, et les oiseaux de passage dont la troupe fuit dans les nuées au-dessus des flots, émigrant vers un ciel plus doux *. Ces divers traits expriment toute la poésie de la mer de Grèce, en ses jours de joyeuse sérénité.

Les riantes images où se complcdt le lyrisme H'Euripide lui sont suggérées encore par d'autres motifs. Deux fois il trouve l'occasion de rappeler l'une de ces fêtes religieuses dont l'éclat réjouissait tant le cœur des Grecs, et il en rend aussitôt la vive impres-

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