‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 320 sur 341 · on · texte numérisé non relu

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souffle sur ce pays; où toujours elle se plaît à couronner sa chevelure de roses odorantes et à envoyer les Amours, compagnons delà sagesse, auxiliaires de toutes les vertus *. »

La grftce qu'Euripide déploie dans plus d'un de ses chœurs lui sert quelquefois à produire des effets de contraste. Le souvenir de la dernière nuit de Troie ne pouvait éveiller dans Tâme des femmes de la tragédie d'Hécube que des sentiments de deuil et des images de désolation. Mais cette désolation est rendue plus frappante par Fart du poète qui nous fait pénétrer dans rintérieur d'un ménage troyen, à Tinstant de la catastrophe. L'obscurité est profonde. Le mari, rentré chez lui après un banquet joyeux, repose étendu sur son lit, sa lance guerrière accrochée au mur. La femme, devant un miroir, arrange sa chevelure et fait sa toilette de nuit, quand soudain une vaste rumeur emplit les rues, et les cris des Grecs retentissent. Elle fuit demi vêtue, court embrasser Tautel d'Artémis qu'elle invoque en vain, voit son mari égorgé sous ses yeux, est faite prisonnière et bientôt entraînée sur la vaste mer où, en jetant un dernier regard vers les cdtes troyennes, elle se sent défaillir de désespoir*. La scène intime et familière que suit brusquement ce terrible dénouement donne à la prise de Troie, dont elle nous rend une impression individuelle, un caractère de plus saisissante réalité.

Le talent descriptif d'Euripide dans ses chœurs

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