LA MUSIQUE
corde à la cithare — musicien réaliste préoccupé d'effets imitatifs, qui faisait entendre des bruits de tempête ou des cris de femme en mal d'enfant*; génie hardi qui opéra une vraie révolution dans son art, car il se vantait d'avoir chassé la Muse d'autrefois, de même que Jupiter avait détrôné Cronos *, — est sans doute beaucoup plus jeune qu'Euripide qui ne l'a connu que dans les dix ou douze dernières années de§a carrière*. Mais qu'importe? L'anecdote racontée par Plutarque n'en est pas moins significative. Si Euripide n'a subi que tardivement l'influence de Timothée, il n'a pu échapper sans doute à l'action du maître de celui-ci, Phrynis de Mitylène, ni aux exemples de Philoxène de Cythère. La structure rythmique de ses monodies montre qu'il embrassa \ résolument le parti des novateurs. Celte musique qu'il aimait, à laquelle il s'attacha parce qu'elle était plus souple, plus expressive, plus passionnée que l'ancienne, devait donc expliquer aux Grecs une partie des caractères comme des défauts de ses chants lyriques.